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22 juin 2006

Mon chien aime Sarko

En hommage à Raymond Devos (article paru dans la lettre 9) :

Depuis quelque temps, mon chien m'inquiète…

Il aime Sarko et je n'arrive pas à l'en dissuader. Et cela fait plusieurs mois que cela dure. Au début, je ne parvenais pas à m'expliquer son comportement bizarre. De temps à autre, installé sagement à mes pieds devant la télé, il se mettait subitement et sans raison apparente à remuer la queue, à aboyer, à tendre les oreilles. Il lui arriva même de taper ses deux pattes avant l'une contre l'autre !

J'étais stupéfait, comment et pourquoi un labrador, ayant reçu une éducation britannique des plus strictes, pouvait se laisser aller à de telles manifestations ?
J'eus l'explication de ces phénomènes surprenants la semaine dernière. La télévision diffusait des extraits de la conférence de presse de Sarkozy. Celui-ci, tel un roquet, présentait avec morgue ses résultats obtenus au Ministère de l'Intérieur depuis 2002. Ses aboiements s'avéraient sans doute inutiles, son bilan avait de quoi faire hérisser le poil de n'importe quel observateur censé. Les quelques chiffres lancés aux journalistes comme un os à ronger n'avaient rien d'enthousiasment.

De la cuisine ou j'avais fini de lui préparer sa pâtée, j'appelai mon chien, toujours prompt lorsque arrive l'heure de son dîner. Ne le voyant pas venir, j'insistai : " Blum, ta pâtée est servie, viens vite, ça refroidit !" Toujours rien…
Inquiet, je me dirigeai vers le salon et assistai à une scène bien étrange : mon chien Blum léchait le visage de Sarko en gros plan sur l'écran de la télé !
Comment ce chien au pedigree socialiste irréprochable avait-il pu retourner son poil si vite ? Il ne daigna pas goûter sa pâtée avant que ne s'achevât l'intervention de son nouveau maître.

Plus grave, quelques instants après, alors que nous revenions de sa promenade du soir, il grogna en passant à côté de la gardienne de l'immeuble, la charmante madame K, toujours sans papiers malgré une longue présence sur notre sol et deux enfants nés et scolarisés en France. Et ce satané Blum, d'habitude si câlin, montra ses crocs en passant devant la loge. C'en était trop, j'étais bien décidé à avoir une explication franche avec lui.

Il écouta mes arguments docilement, la gueule posée entre ses pattes, avec un air de chien battu. Dans la foulée, je lui lisais le programme du PS pour 2007, ce genre de lecture le met d'habitude en joie. Là rien, il s'endormit dans son panier sans me jeter le moindre regard.

Dès le lendemain, je l'emmenai chez le vétérinaire. Ce dernier, après un longue examen, m'annonça avec tristesse que mon chien souffrait du syndrome de sarkozyte aigu, maladie redoutable qui perturbe les sens canins. Voilà pourquoi ce labrador au flair si infaillible se comportait comme une truffe !

- Dois-je le faire piquer, demandai-je le cœur serré ?
- Non, heureusement ce mal est curable, je vais lui faire une piqûre, il devrait aller mieux rapidement.

Pas encore rassuré, je le ramenai à la maison. Mais le soir, enfin, je sus qu'il était guéri. Il dévora sa boîte de Royal Khanin et m'inonda de coups de Lang affectueux avant de se coucher près de mon fauteuil d'où nous regardâmes, dans une symbiose retrouvée, l'excellente comédie d'Yves Robert, Un éléphant ça trompe énormément.

2 Comments:

Anonymous Anonyme said...

C'est normal, ton chien, "ayant reçu une éducation britannique des plus strictes", est blairiste. Il ne peut donc qu'être séduit par Sarko ...

11:59 AM

 
Blogger VertdeTerre said...

moi mon chien il n'aime que les croquettes, il s'en fout de qui lui donne la pâté, il est comme tous, il a la reconnaissance du ventre...

12:13 PM

 

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