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19 septembre 2006

Explication de texte

Je crains que certains de mes propos aient été mal compris par quelques camarades que je me réjouis par ailleurs de lire sur ce blog. Clarification et explication étant les mamelles de tout bon débat, je tiens à préciser deux ou trois points.

Tout d'abord, je ne remets pas en cause les méthodes d'éducation de nos professeurs. Je sais que certains sarkozystes, et leur guide suprême en premier lieu (pas Johnny, Nicolas) aimeraient remettre au goût du jour quelques bons vieux principes d'antan : la blouse grise, le salut au professeur, une bonne marseillaise et des coups de règles pour les plus récalcitrants. Je doute que ces méthodes réactionnaires puissent répondre aux difficultés actuelles. Quoiqu'il en soit, la question ne porte pas tant sur la méthode mais sur les types de formation qu'il faudrait mettre en place.

J'ai lu parmi des réactions un plaidoyer émouvant en faveur du monde ouvrier teinté de "il n'y a pas de sot métier", bien sûr, mais le problème est qu'il n'y aura bientôt plus de métier tout court, en tout cas sous les formes que nous connaissions depuis des décennies. En effet, la quête effrénée de productivité et les progrès de la technique ont fait disparaître de nombreux emplois, ou plutôt, ont permis de concentrer des activités autrefois exercées par plusieurs salariés sur un seul. Dans les bureaux, par exemple, les cadres se passent de dactylo car ils assument seuls, grâce à l'outil informatique (à part Laurent B), des tâches anciennement créatrices d'emplois.

De plus, la concurrence sur la main d'œuvre de l'Inde et la Chine provoque un déclin inéluctable de notre industrie "classique", avec son lot de délocalisations, contre laquelle nous ne pouvons rien à long terme. Notre chance, à l'instar de ce que font les Etats-Unis, est de nous spécialiser dans l'invention et la création de produits, principalement dans les nouvelles technologies, quitte à ce que leur fabrication nous échappe.

Voilà pourquoi, et j'en reviens à ma démonstration initiale, il faut adapter l'éducation, de l'école à l'université en passant par l'aprentissage, à ces nouveaux métiers car les emplois traditionnels se réduiront à l'avenir comme peau de chagrin. Par ailleurs, combien d'étudiants suivent aujourd'hui des filières qui ne mènent nul part ? Alors oui, sans aucun doute, il faut commencer par enseigner un socle commun afin de réhabiliter, autant que possible, le sens du civisme et favoriser l'intégration de tous au sein de notre république laïque. Mais ensuite, très vite et de manière pragmatique, après avoir donné une chance égale à chacun en aidant les plus défavorisés, orienter selon son domaine de compétence et son désir (d'avenir) l'élève ou l'étudiant vers des formations adaptées au monde futur. Et mettre en place, comme le préconise le programme du PS, un droit à la formation tout au long de la vie professionnelle.

Arrêtons avec l'idée stupide que les jeunes ne veulent pas travailler ou rêvent tous d'être fonctionnaires (ce qui du reste n'a rien d'indigne, bien au contraire, quoi de plus noble que servir l'intérêt public), cela est un raccourci simpliste. Il faut donner aux jeunes les moyens de s'épanouir dans leur travail, dans des filières porteuses, sans la menace oppressante que font peser sur leurs épaules la précarité et la discrimination. Alors, oui, la nouvelle génération aura le droit à son tour à la prospérité, sans plus pâtir de l'héritage déplorable légué par des baby-boomers bien trop gâtés.

2 Comments:

Blogger CroixRoussien said...

Fieffé royalien, le problème n'est pas la blouse grise ou pas. le problème est que l'école est une machine à sélectionner, à préparer des concours, à démotiver. On y apprends à rester sage, apprendre par coeur, et répeter. Dans l'entreprise, il faut la créativité, l'initiative et la prise de risque. L'école prépare bien à passer des concours, elle ne prépare pas à la vie de demain. Et ce n'est pas en ouvrant des formations de ceci ou cela, ou en cherchant des socles civiques, que les élèves seront mieux préparés, mais en adaptant la pédagogie.

Les élèves de France sont ceux qui ont le plus grand nombre d'heures de cours dans leur scolarité, et pourtant nous sommes un pays ou le nombre d'étudiant en supérieur est le plus faible en proportion. A trop charger la barque !

Mais bon l'idéologie de l'égalitarisme et la chasse aux voix du SNES fera tomber la Royal dans l'habitude : L'Etat n'a qu'à payer et organiser.

Notre pays est le recordman du chomage, du faible nombre d'étudiant et de la part de l'Etat dans la vie publique. Une relation ???

8:24 PM

 
Anonymous Anonyme said...

mais ce serait très bien la blouse !! Et par forcément grise... enfin un champs d'égalité qui aurait plus d'un bienfait...

5:25 PM

 

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