Site de débat d'idées, animé par des blogueurs de toutes tendances politiques, France Politique est le lieu où s'échangent et s'affrontent les opinions, les réflexions et les convictions les plus diverses.

27 novembre 2006

Le Pen, retour des vieux démons

Lors d'un post précédent, Hussard Bleu soulignait l'excellente forme et le changement de ton du leader de l'extrême-droite en France dans l'émission A vous de juger. Le contexte politique de ces derniers mois et les sondages qui ne l'ont jamais placé si haut, ajoutés à une posture plus rassurante de grand-père sauveur de la Nation, formaient un cocktail des plus dangereux pour Avril 2007.

Sa prestation hier dans l'émission de Serge Moati m'a rassuré. Le Pen réalisera sans doute un bon score mais son rôle de père tranquille n'aura guère résisté longtemps. Chassé le naturel, il revient au galop, et l'on retrouva vite le Le Pen que l'on connaît, éructant, dégoulinant de haine, de racisme et de démagogie.

Comme d'habitude, Le Pen se délecta en pointant les nombreux maux dont souffre notre société sans jamais être en mesure d'y apporter la moindre réponse. A chaque question concrète portant sur ce qu'il ferait s'il était élu président, comme l'abandon de l'euro ou la réduction de la dette, il répondit invariablement : "on verra", "ça dépend", "peut-être".

Son incompétence sur les questions économiques clairement établie, il ne restait plus qu'à faire tomber le masque, ce à quoi s'employèrent à merveille Maurice Leroy et Christine Taubira, dont le calme trancha avec la perte de sang-froid de Le Pen.

En effet, Le Pen, habituellement assez habile lors de ce genre de confrontations, se retrouva complètement déstabilisé par la députée guyannaise, qui réussit à le piéger notamment sur les questions de l'inégalité des races et de la xénophobie, en reprenant ses propos jamais démentis. Rouge de colère, hors de lui, incapable d'argumenter, le vieux fasciste tomba le masque du père tranquille et laissa apparaître son vrai visage, défiguré par la haine.

Sa prestation déplorable ne dissuadera pas ses électeurs traditionnels de voter pour lui, en revanche, elle maintiendra à l'écart ceux qui, écoeurés par les difficultés qui s'accumulent, songèrent un instant à le rallier en imaginant qu'il s'était assagi ou détenait des formules magiques pour sauver la France.

5 Comments:

Blogger Hussard Bleu said...

Et bien Desirsdavenir, visiblement Dominique Dhombres et toi n'avez pas vu la même émission de télévision dimanche car voici son commentaire paru aujourd'hui dans le Monde, journal peu suspect de sympathies frontistes :

Avez-vous regardé Jean-Marie Le Pen chez Serge Moati, dimanche en fin d'après-midi sur France 5 ? C'était le début d'une longue série. Il va falloir s'y habituer. Jean-Marie Le Pen sera désormais invité sur toutes les chaînes dans des conditions comparables à celles dont bénéficient les autres candidats à l'Elysée.


Pour ceux qui ont manqué la prestation du président du Front national, 78 ans et toutes ses dents, il faut d'abord raconter ce qui s'est passé, dimanche 26 novembre, sur le plateau de "Ripostes". Serge Moati avait décidé de faire venir Le Pen après Villepin et en attendant les autres candidats réels, potentiels et putatifs. C'est son choix. Il avait fait un documentaire sur Le Pen en 2003. Il n'avait pas revu l'intéressé depuis 2002. Il l'a d'abord soumis à une interview assez gentillette puis l'a laissé s'ébrouer, comme un pitbull lâché dans un pré, aux côtés d'Eric Raoult, Christiane Taubira et Maurice Leroy. Un débat, quoi ! Jean-Marie Le Pen peut désormais répondre gravement à toutes les questions concernant l'avenir du pays, son propre destin, et les turpitudes du Paris-Saint-Germain. On commence par le PSG. "Il y a une responsabilité des clubs", dit Le Pen à propos des supporteurs violents. En clair, il reproche aux dirigeants du PSG d'utiliser ces imbéciles pour mettre un peu d'animation dans les compétitions, puis de prendre des poses vertueuses quand cela tourne au drame. Le Pen, qui est deux fois plus breton que borgne, s'apitoie au passage sur le sort de Julien Quemener, le supporteur du PSG tué par un policier antillais. Dieudonné ? "Monsieur Dieudonné n'est pas mon ami, en tout cas pas encore !"

Pourquoi avait-il l'air triste, le 21 avril 2002, en regardant le journal télévisé du soir ? Il était déçu par son score ! Il espérait mieux, et surtout il aurait préféré affronter Jospin plutôt que Chirac au second tour. Les 500 signatures nécessaires pour se présenter ? Il répète, et Serge Moati le confirme bien volontiers, qu'il a eu du mal à les recueillir la dernière fois. Le débat, maintenant. Eric Raoult, qui roule pour Sarkozy, rappelle que Le Pen est le roi de l'électorat dans le "neuf-trois" et d'autant plus dangereux pour cela. Christiane Taubira refuse de regarder Le Pen et le fait dérailler un instant sur l'appartenance de la Guyane à la France. Mais il se reprend. Maurice Leroy, habile lieutenant de François Bayrou, ne parvient pas non plus à le prendre en défaut. Au total, Le Pen a parlé longtemps, et de tout, sans être vraiment inquiété. Il faut espérer, dans les mois qui viennent, des échanges moins inégaux. Le Pen était, dimanche sur France 5, effroyablement efficace. Il vise l'Elysée, pour de vrai. C'est parti !

3:27 PM

 
Blogger Désirsdavenir said...

En effet, je suis très surpris par le papier de Dhombres, pour moi Le Pen a été de nombreuses fois mis en difficulté pendant ce débat, il s'est énervé, a montré son véritable visage, n'a rien proposé pour résoudre les probèmes qu'il dénonce. Curieux que ce journaliste ait été impressionné par quelques éclats de voix sans intérêts. J'aimerais avoir d'autres avis, si vous avez vu Ripostes dimanche, merci de me faire part de vos impressions.

4:15 PM

 
Anonymous Fraise des Bois said...

Avons-nous bien vu la même émission ? Je n'ai pas eu le sentiment que Le Pen ait été vraiment malmené : Leroy dans son rôle de mouche du coche l'a harcelé vainement, donnant l'impression de l'empêcher de s'exprimer, ce qui fait le jeu du vieux. Taubira, que j'aime beaucoup par ailleurs (j'avais voté pour elle en 2002), nous a joué un numéro à la Buster Keaton tout en fuyant le regard de Le Pen : or, ce n'est pas en méprisant son ennemi qu'on le combat, au contraire. Et Raoult a été presque inexistant.
Bref, Le Pen a été plutôt bien servi par ces faire-valoir involontaires et loin d'être mis en difficulté, il a effectivement été "effroyablement efficace". Comme quelques temps auparavant chez Arlette Chabot où il est apparu plus à l'écoute des vraies gens invitées à témoigner de leurs galères que les autres invités qui étaient Bayrou, Montebourg et Devedjan...

4:17 PM

 
Blogger Hussard Bleu said...

Je n'ai pas vu l'émission en question (il va falloir que je fasse un tour sur le site de France 5) mais je réitère ce que je disais dans un post ici même il y a quelques jours suite à son passage chez Arlette Chabot, Le Pen est pour moi en position de passer le premier tour haut la main.

5:36 PM

 
Anonymous Régis said...

Vous allez rire mais dire que Le Pen a été malmené tout au long de ce débat est une sorte d'autosatisfaction, histoire de se rassurer. Mais c'est évident que les autres n'ont pas fait le poids faca a lui... quels arguments contre lui ? Et bien que des arguments tournés vers sa personne : son âge, ses déclaration qu'il a faites il y a 20 ans et pour lesquelles la justice a tranché... rien de concret, auraient-ils peur de se confronter à un VRAI débat, mais alors pourquoi avoir peur ? Peur de montrer leur incompétence aux français peut-être... et c'est pour ces gens là que vous voulez voter ? Qu'ils sont petits, ils font de la petite politique, de la graine de ceux qui frappent bas pour arriver à leurs fins...

3:55 PM

 

Enregistrer un commentaire

<< Home

 
web statistics