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23 novembre 2006

Un peu de réalisme !

Les derniers avis de ce blog laissent imaginer qu’à droite, comme à gauche, un débat d’idées serait en cours entre militants des deux bords. Puis, je suppose, les auteurs de ces textes voient la période électorale à venir comme le temps où ce débat sera ‘officiellement’ progressivcement amené vers le grand public et les électeurs avec, en point d’orgue, le fameux duel télévisé du dernier tour (quand il a effectivement lieu…).

J’ai peur que ce ne soit qu’une vue de l’esprit… A droite - la gauche n’a pas tort de le souligner - il n’y a aucun débat qui se profile… Bien sûr, il y aura sans doute une sorte de ‘primaire’ interne de l’UMP pour faire ‘comme si’ mais les dés sont jetés depuis longtemps ; sauf à ce que les dissensions internes de la droite ne l’amènent à volontairement faire perdre son challenger (Chirac l’a fait face à Giscard en 1981 ; pourquoi pas deux fois ?).
Mais objectivement, j’ai peur que personne ne s’intéresse véritablement à ce que dit Sarkozy. Ce qui compte c’est plus son comportement et les sondages. Or, les chiffres parlent: à part lui, point de salut.

De l’autre côté, la gauche à beau jeu alors de mettre en avant son approche ‘démocratique’. En effet, affirment les militants, au moins chez eux il y a eu un vrai débat d’idées qui a abouti au vote des militants… Certes, mais, permettez-moi de douter fortement de cet argument ! Les militants de gauche sont comme ceux de droite : ils pensent 1) qu’il vaut mieux être au pouvoir que dans l’opposition, 2) qu’au vu des sondages seule Ségolène donnera une chance à la gauche d’y arriver. Alors, les idées c’est bien beau, mais lors d’une élection la seule réalité c’est les voix !

Pour conclure, j’ai peur que les idées s’effacent progressivement dans les mois qui viennent. En effet, et c’est une règle de la communication, « plus on parle, plus on risque de dire une connerie ». Ségolène l’a vérifiée récemment ; maintenant qu’elle sait que c’est elle et que Sarkozy a la même perception de son propre rôle, je pense que ces chers candidats – et leurs partis – vont être nettement moins prolixes. Par contre les articles sur les vies de familles, les ‘copains d’école’ et les ‘enfants de candidats’ devraient fleurir…

2 Comments:

Anonymous Papyboomer said...

Aux USA et au Canada cette stratégie des candidats d'en dire le moins possible est souvent possible lorsque le système électoral limite la concurrence à deux adversaires (ou partis) sur un seul tour. En effet la loyauté des camps respectifs étant acquise, la campagne électorale n'est alors qu'une course à la classe moyenne, à ce «centre» mythique, qui fait toute la différence.

Or ce ne sera pas - et ce ne le fût jamais vraiment - le cas en France. Car le multipartisme y est la règle, encouragé qu'il est par la loi électorale qui finance les candidatures minoritaires qui peuvent démontrer dans leurs résultats une certaine représentativité et aussi par la nécessité politique de se compter, même sans résultats tangibles; par exemple la candidature Le Pen depuis depuis 20 ans.

Si en France les deux candidats principaux s'abstiennent sur le fond de peur de déraper sur la forme, les candidats tiers seront alors tout heureux de remplir ce vide lénifiant. Avec des conséquences qui n'exigent plus un grand effort d'imagination depuis 5 ans....

12:14 AM

 
Blogger Hussard Bleu said...

Je comprends l'inquiétude d'Emmanuel de voir les favoris des sondages étouffer tout débat d'idées au fur et à mesure que l'élection approche pour se cantonner à une politique de communication exclusivement centrée sur leur image et pourtant je pense, tout comme Papyboomer, que c'est une stratégie impossible à tenir sur le long terme (et nous sommes encore loin du poteau d'arrivée) sous peine de se voir rafler la mise par un candidat de la dernière heure, déclaré sur le tard (Villepin ?). Je pencherais plutôt pour une option où nous verrions les deux candidats en tête limiter leur positionnement à 3/4 idées fortes, martelées à l'infini. L'ordre juste contre la rupture. C'est sûr qu'on ne peut pas vraiment appeler cela un débat d'idées non plus...

12:46 AM

 

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