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03 décembre 2006

Contrat social

Nous disposons tous d’un pouvoir de nuisance : nous pouvons frapper n’importe qui, détruire ce que bon nous semble et de manière générale nuire à autrui et à la collectivité à laquelle nous appartenons.
Si nous ne le faisons pas, c’est parce que nous avons un contrat avec la société dans laquelle nous vivons et qui est représentée par l’Etat. Ce contrat repose sur le renoncement de chaque individu à son pouvoir de nuisance en contre partie de la sécurité (au sens large) que nous garantie la société, et en premier lieu par le travail, déterminant social majeur.
Les évènements qui se sont produits de manière particulièrement spectaculaire dans des quartiers de France il y a un peu plus d’un an, mais qui existent depuis longtemps de manière plus ponctuelle et localisée, sont l’expression de la rupture du contrat social entre un groupe de population qui a le sentiment qu’on ne peut, ou ne veut, pas lui garantir la sécurité par le travail qui fonde l’ identité sociale de chaque individu et donne une place : « l’inclusion » par opposition à l’exclusion. La conséquence de ce sentiment de rupture c’est la réactivation du pouvoir de nuisance qui se réalise là de manière brutale, indiscernée et autodestructrice.
Les tensions ou ruptures du contrat social s’expriment de manière différentes lors des grèves, des mouvements sociaux et pas simplement les « antis cpe » ou les « antis réformes des retraites », mais aussi les policiers (manifestations de 2002), des agriculteurs et de bien d’autres groupes sociaux, catégories sociales (d’où peut-être l’intérêt de conserver ce fameux droit de grève dans la mesure où il crée un espace légal de l’expression de la contestation).
Pour en revenir à la notion de contrat, la question et réflexion ouverte est la suivante :
Si l’on doit transformer le contrat social qui garantit sécurité (le travail, l’éducation, la retraite, la santé…) en échange du renoncement du pouvoir de nuisance, quels en sont donc les nouveaux termes ?
Sans oublié que ce contrat, celui qui s’est construit le siècle passé, à également une valeur symbolique qui fonde le collectif, l’unité, la cohésion sociale (de Monsieur BORLOO). Par exemple, les cotisations que nous payons tous (qui ne sont pas des charges) c’est ce que nous mettons en commun. Aujourd’hui, nous sommes 22 millions à mettre en commun quand certains d’entre nos ne sont plus en âge de travaillé, quand d’autres sont malades, en charges de familles, accidentés du travail…

2 Comments:

Blogger Hussard Bleu said...

A supposer qu'il y ait quelque vérité universelle dans la théorie rousseauiste du "Contrat Social" (pour ma part je ne crois pas une seule seconde que les individus consentent librement et unanimement à abandonner leur liberté pour la poursuite de l'intérêt général, et je me méfie comme de la peste d'un Etat qui, le plus souvent, abandonne son supposé rôle de "garant" du contrat social pour verser à son tour dans l'oppression des individus), à supposer donc que le Contrat Social soit le fondement de notre vie en collectivité, je me permets de souligner que, pour qu'il y ait contrat, encore faut-il que les deux parties s'engagent réciproquement.

Or, dans la démonstration de Benmalik, si l'état est censé s'engager à procurer à l'individu un statut social, de la sécurité, du travail, etc., l'individu lui, ne s'engage en contrepartie qu'à ne pas faire usage de sa capacité de nuire. C'est un peu mince comme engagement non ?

Pourquoi dès lors, l'individu ne s'engagerait-il pas plus profondément ? Quid de l'engagement de l'individu à respecter les valeurs de la république, l'histoire et l'identité française, à chercher du travail, à se prendre en charge sans toujours solliciter la collectivité, à apprendre le français, à vivre dans les rêgles de droit établies par la république, etc., etc.

Ces quelques exemples ne sont choisis que pour faire référence, dans le droit fil de Benmalik, aux émeutes des banlieues de l'année dernière.

Car pour qu'un contrat, fut-il "social", fonctionne de manière pérenne, il me semble que l'équité des engagements doit être assurée.

Ce qui n'est manifestement pas le cas en ce moment.

3:32 PM

 
Blogger Horrible Tcharlie said...

Et qui parle de transformer le contrat social tel que le définit Benmalik ? La particularité de ce contrat est de réunir des cocontractants qui forment une universalité, autrement appelée la Société. L’environnement économique et social, national et surtout international, impose une adaptation des exigences de chacun. La contrepartie proposée varie en fonction de cet environnement, lequel est en majeure partie créé par la contribution de chacun. Il n’y pas d’un côté des individus débiteurs d’une obligation de renonciation à nuisance et créanciers de tout le reste, et de l’autre une entité immatérielle débitrice d’une obligation d’assurer à chacun la sécurité qu’il se croit en droit d’attendre.
Mais je note avec une certaine délectation que Benmalik reprend à son compte mais sans la nommer la notion de droits opposables chère au président de l’UMP.
Lequel a d’ailleurs récemment donné une définition de sa rupture, comme par écho aux propos de Benmalik et qui devrait plaire à tout humaniste refusant de se laisser enfermer dans un carcan idéologique : « se donner les moyens de construire une société où chacun de ceux qui ont une responsabilité se trouve obligé de se sentir concerné par les drames humains et les souffrances sociales ».
Là est le sens du contrat social, qui ne consiste pas à attendre des autres mais à contribuer pour tous. Ce que certains défenseurs d’intérêts catégoriels oublient bien facilement.

6:08 PM

 

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