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29 novembre 2006

Restructurations au PS ?

Ségolène Royal a annoncé la composition de son Etat-Major de campagne. Celui-ci, réduit à 15 personnes, sera dirigé par François Rebsamen (n°2 du PS et déjà pressenti comme futur Ministre de l'Intérieur en cas de victoire socialiste) et Jean-Louis Bianco (digne représentant de la Mitterrandie première période et ancien Secrétaire Général de l'Elysée).

Très centrée autour de l'entourage immédiat de la candidate (Dray, Chantepy, Menucci...) et n'échappant pas au clientélisme (la présence de Jack Lang en conseiller spécial ne semblant pas très emblématique d'un renouveau de la politique), l'équipe mise en place par Ségolène Royal ne comprend aucun membre des réseaux de Fabius ou DSK.

A ce titre, on ne peut qu'être curieux de voir ce qui va advenir des rapports de force à l'intérieur du PS après l'investiture-plebiscite de Ségolène Royal.

Si les partisans et l'équipe de Fabius sont d'ores et déjà courtisés par la candidate (Menucci a même proposé à Claude Bartolone de les rejoindre) dans un souci évident de pouvoir rassembler à gauche au second tour, celle-ci ignore ostensiblement DSK et ses troupes. Son ressentiment à l'égard de celui qu'elle juge comme le principal responsable des dérapages de la primaire est intense : "Je lui ferai payer cher ses coups tordus" a-t-elle promis. Mais c'est surtout parce qu'elle juge l'apport politique de la Social-Démocratie sauce DSK inutile dans la campagne qu'elle a rompu, du moins pour l'instant, les ponts.

DSK de son côté, mise sur les 20% acquis lors de la primaire et sur sa relative bonne tenue dans les sondage pour implanter durablement son courant au sein du PS et se poser, le cas échéant, en rival de Jospin comme "recours" du Parti.

Mais de nombreuses questions d'appareil restent encore en suspens : comment se positionnera au final le NPS (Nouveau Parti Socialiste) ? Se fondra-t-il dans la machine ségolienne ? On peut légitimement en douter. Que vont faire les Jospinistes ? On sait que Jospin n'a pas voté Royal et que Delanoë, aujourd'hui très cordial (pour ne pas dire plus) avec Ségolène, a quant à lui voté blanc lors des primaires. Jospin se voit-il toujours comme un ultime recours ? Les Fabiusiens cèderont-ils aux sirènes de la favorite des sondages ? Et au final, comment se comporteront les nouveaux militants à 20€ ? Quelle est leur soif de renouvellement du fonctionnement du Parti ?

Bref, la tectonique des plaques à l'oeuvre au Parti Socialiste est loin d'être achevée et le choix de Ségolène Royal par les militants socialistes pour les représenter pose finalement plus de questions qu'il n'apporte de réponses sur les mutations du PS. Aujourd'hui, l'attention est toute portée sur Ségolène Royal et la campagne qui débute contre la Droite mais demain ? Qui peut prédire comment les rapports de force évolueront ? Surtout en cas de défaite en 2007...

1 Comments:

Blogger Horrible Tcharlie said...

Pour répondre à tes questions en suspens, le NPS est politiquement mort depuis longtemps (mais a-t-il vraiment existé?), les jospinistes sont une race sans avenir, et les fabiusiens vont se fondre superficiellement et temporairement dans le ségolénisme en attendant son inexorable échec.
Quant aux militants à 20 €, ils semblent à l'image de l'idéologie transcourant qui a pris le pouvoir dans le parti.
En choisissant Royal, le PS a une fois encore refusé de trancher entre socialisme (Fabius) et capitalisme accepté et maitrisé (DSK), préférant la belle au discours flou et creux dans lequel tout le monde, et finalement personne, se reconnaît. Comme tu l'as rappelé, DSK est désormais persona non grata, et à gauche, Mélenchon envisage de porter les couleurs de la gauche anti-libérale. C'est dire l'unité du parti.

9:57 AM

 

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