Site de débat d'idées, animé par des blogueurs de toutes tendances politiques, France Politique est le lieu où s'échangent et s'affrontent les opinions, les réflexions et les convictions les plus diverses.

23 octobre 2006

Des tribunaux populaires pour les élus

Il faut bien que Ségolène Royal touve une incarnation concrète à son leitmotiv nébuleux de "démocratie participative". C'est désormais chose faite avec son projet de mettre en place des "jurys citoyens" déterminés à juger de manière régulière l'action de leurs élus.

Fidèle à son habitude, Mme Royal ne s'embarasse pas de détails et la mise en oeuvre concrète de ce contrôle des élus par des citoyens tirés au sort reste on ne peut plus vague : "Ces jurys, a précisé Mme Royal, assureraient "une surveillance populaire sur la façon dont les élus remplissent leur mandat par rapport à la satisfaction des besoins, ou par rapport au juste diagnostic des difficultés qui se posent". Cela a-t-il quelque chose à voir avec les comptes rendus de mandat instaurés par Bertrand Delanoë, le maire de Paris ? "Non", répondait Mme Royal à la sortie. Y aurait-il sanction ? "Pas forcément". Jusqu'à quel niveau de responsabilité s'étendrait ce contrôle citoyen ? "Je n'ai pas réponse à tout", éludait avec le sourire la présidente de la région Poitou-Charentes." (Le Monde - 23 octobre)

Avec de telles démarches, on se demande où s'arrêtera l'appauvrissement du rôle des élus et la mise à mal de l'autorité politique issue des urnes. On ne peut que craindre qu'avec de telles mesures populistes, le clientélisme et l'électoralisme qui déjà gangrènent notre système politique ne se trouvent renforcés. On frise là l'anti-parlementarisme le plus radical.

Mme Royal peut-elle d'ailleurs nous expliquer en quoi des citoyens tirés au sort ont la légitimité, la compétence et l'objectivité pour juger de l'action politique de leurs élus issus de leurs propres suffrages ? A quoi donc servent les élections ?

Des citoyens tirés au sort au Parlement à la place des députés élus démocratiquement, est-ce la prochaine étape ?
Doit-on sourire ou avoir peur ?

20 octobre 2006

DSK de nouveau dans la course

Si une seule conclusion devait être tirée du premier débat télévisé des primaires socialistes, ce serait à mon sens le retour de Dominique Strauss-Kahn en rival crédible de la toute puissante Ségolène Royal.

Laurent Fabius se discréditant à chaque intervention par une posture d'extrème gauche sans aucune crédibilité, Ségolène Royal alternant à son habitude propos flous ("développement équitable contre désordre libéral", "écouter pour agir juste", "donner un désir d'avenir à la France") et exemples concrets au ras des pâquerettes, Dominique Strauss-Kahn a fait la démonstration de sa compétence et de sa maîtrise des sujets économiques et sociaux. On peut bien évidemment être en désaccord avec sa vision et ses convictions, elles sont néanmoins apparues comme assez claires et étayées lors de ces interventions.

Lui qui avait du mal à se faire entendre avant ces primaires, Ségolène Royal vampirisant la quasi-totalité de l'espace médiatique à gauche, il a trouvé lors de ce premier "débat" télévisé auprès de ses compétiteurs une nouvelle légitimité. Il a pu enfin dire ce qu'il souhaitait et être entendu du plus grand nombre.

Les militants socialistes l'ont bien perçu et attendent avec impatience la suite des débats pour se voir confortés dans cette possibilité d'une alternative crédible à Ségolène Royal qui, si elle caracole toujours très en tête dans les sondages (réalisés, rappelons-le, auprès des sympathisants et pas des militants), n'est pas à l'abri d'un faux pas ou d'un discours qui lasse par son inconsistance.

Moi qui connaissait peu le personnage de DSK, je ne peux que vous encourager à lire le portrait qu'en a dressé Raphaëlle Bacqué dans le Monde du 18 octobre intitulé "DSK, le dilettante repenti" dans lequel le côté "gauche-caviar" du couple DSK - Anne Sinclair est plutôt sympathique car totalement assumé.

19 octobre 2006

France Politique

Et bien ta fierté n'est pas très exigeante!
Comment oses-tu qualifier de débat ce déversement de platitudes politiques sans aucune prise de risque???
Oublies-tu que les questions des internautes triées sur le volet avaient été communiquées préalablement aux candidats afin qu'ils puissent préparer avec les spécialistes de la matière la réponse parfaite, assurés de surcroît qu'aucun des deux autres ne pourrait lui offrir la contradiction sur sa réponse???
Débattre, c'est accepter la confrontation des idées, c'est se prêter au jeu de la contradiction, ce qui n'a absolument pas été le cas.
Les candidats (à vrai dire, surtout une) se sont contentés de réciter sans aucune spontanéité des leçons pour la plupart écrites par d'autres.

Comment oses-tu imaginer que nous autres vautours, nous ayons pu attendre ne serait-ce qu'un instant de quelconques pics ou escarmouches, alors que miss Royal avait menacé de ne pas participer aux autres débats si celui-ci ne tournait pas à son avantage ou si elle était mise en difficulté?

La "bonne tenue" du "débat" n'a pour explication que l'absence totale de débat, imposée par la candidate Royal.
Et c'est ça qui est inquiétant: Comment expliquer qu'elle n'ose pas se confronter? Ah oui, c'est vrai, pour ne pas donner d'armes à la droite... Commencez par arrêter de prendre les gens pour des imbéciles: c'est bien la peur de n'être pas à la hauteur des compétiteurs de son propre camps qui pousse Royal à refuser toute forme de débat. Cela conjugué à l'absence totale de début de programme et tout devient limpide.
"Il est temps que les français reprennent la main sur l'économie", "il faut mettre fin au désordre des choses", "mettre en place un ordre économique, social et environnemental juste"... Ce ne sont que des phrases dont on nous bassine à chaque élection, et dont on sait qu'elles sont dispensées quand il n'y a pas grand chose derrière.

Le ponpon de Ségolène: l'anticipation pour éviter la délocalisation. Du grand n'importe quoi dans la démonstration. Former les salariés à un autre métier, rentable en France, pour que l'entreprise puisse maintenir une activité en France lorsqu'elle délocalise son activité principale. Concrêtement, je vous laisse imaginer...

Et concernant les 35h, Royal estime qu'elles ont été un formidable progrès social pour la plupart des salariés et admet qu'il s'agit d'une régression pour une minorité d'entre eux. Et quelles conséquences sur les PME et TPE? Le diagnostic s'arrête là. Que préconise-t-elle pour contrer cette régression? On n'en saura pas plus. Car au final, c'est bcp de bruit pour rien, puisqu'on peut retenir qu'elle approuve en majeure partie la réforme et la manière dont elle a été imposée.

La Turquie? La question ne sera probablement évoquée qu'au troisième débat. Voilà un sujet dangereux pour elle car la réponse, c'est en gros pour ou contre. La manière dont elle se défosse à ce sujet est très révélatrice. Ne pas heurter l'opinion, c'est ce qui compte, pour réunir le plus grand nombre. Pas très courageux. Et comme l'a dit un des lieutenants de DSK ou Fabius: ou elle a une opinion, et l'honnêteté lui impose d'en faire part. Ou elle n'en a pas, et alors c'est très ennuyeux.

La réforme Fillon? Ah ça oui, il faut abroger! Pour mettre quoi en place? Silence radio.

En réalité, ce débat n'a strictement rien apporté, si ce n'est pour les socialistes (désirdavenir nous en donne une éclatante démonstration) un prétexte pour se gargariser du simulacre de démocratie qui règne dans le parti.
En réalité dans l'esprit, on se croirait revenu au temps des procès staliniens: on fait semblant de débattre, comme ça tout le monde est content, mais on a bien préparé pour ne prendre aucun risque quant au déroulement et à l'issue.

Mais attention, le réveil risque d'être difficile si Royal l'emporte, car je doute qu'elle puisse imposer ce simulacre de débat entre les deux tours de l'élection.

Quand je relis le titre de ta contribution, je ne peux que sourire. Cette "confrontation passive indirecte" n'a aucune raison de te rendre fier.
"A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire".
J'aurais même pour ma part une certaine honte à soutenir Royal, car tous ceux qui le font dans le parti savent très bien qu'elle est moins capable que DSK, et n'ont qu'une motivation: s'assurer des postes dans la législature à venir, puisqu'il semblerait que ce soit elle que l'opinion va désigner.

On aura quand même appris deux chose: Fabius n'a aucune chance, car il a réellement deux décennies de retard. Et DSK est bien plus crédible que Royal.

Fier d'être socialiste

En dépit des nombreuses railleries que je lis régulièrement sur ce blog, et qui alimentent malheureusement en trop grande proportion les contributions de chacun, je me suis couché hier soir fier d'être socialiste.

Mardi soir, débat de très bonne tenue entre trois candidats de qualité, tous légitimes pour exercer les plus hautes fonctions. Bien sûr, ceux qui attendaient, tels des vautours, piques, escarmouches, petites phrases, furent sans doute déçus, on ne leur proposa qu'une présentation argumentée de trois visions, trois méthodes, qui s'inscrivent dans une même programme, celui du PS.

Ah ce n'est guère drôle la politique quand c'est pratiqué comme cela, on s'ennuie, on préfère la belle polémique, la joute qui priviélgie la forme à la réflexion, le flacon au parfum, l'emballage au produit. Mais non, la politique, cela doit surtout être cela, à côté des autres outils médiatiques utilisés ou subis.

Mercredi soir, section du 9ème, une salle comble, les nouveaux militants côtoient les anciens camarades. A la tribune, trois représentants des candidats (Henri Weber, Mao Péninoux, Christophe Chantepy) qui vont développer leurs arguments respectifs. Puis, les militants prennent la parole, posent de nombreuses questions, interpellent, toujours sur le fond, souvent critiques, dans un échange passionnant.

Ainsi, pendant plus de trois heures, militants citoyens et représentants confrontèrent leurs arguments dans un profond respect du jeu démocratique et des personnes.
Oui, hier soir, je me suis couché fier d'être socialiste.

Ici Solférino, à vous UMP.

18 octobre 2006

Rocard off et on


Le Monde diffuse à ses abonnés une lettre d'information spécifiquement consacrée aux primaires socialistes.
Je ne peux résister à partager mon sourire avec vous en vous offrant cet article issu de la dernière en date :

"Présent sur le plateau du premier débat télévisé entre les candidats, mardi 17 octobre, Michel Rocard, contraint, comme les autres invités, au silence, a fait circuler un petit bout de papier à la délégation de Strauss-Kahn placée à côté de celle de Fabius pour donner son point de vue sur la prestation de Ségolène Royal. Ce fut bref. "Que des conneries..." avait écrit l'ancien premier ministre. A la sortie, plus policé, M. Rocard déclarait à la presse: "Dominique Strauss-Kahn m'a semblé connaître mieux la matière dont il parle. Je l'ai trouvé plus convaincant que ses collègues. Ségolène Royal était plus extérieure au débat d'une certaine façon." Et d'ajouter: "C'était un bon débat mais presque trop respectueux et ce formalisme est un peu lourd. Je crains qu'il n'ait d'ailleurs un peu lassé l'opinion, mais je craignais un débat encore plus morne." "

J'imagine que c'est pour cela que l'Etat-Major de campagne de Mme Royal a exigé pour les prochains débats publics en Fédérations, des journalistes sans caméra, sans appareil photo, sans dictaphone. Et sans stylo ?

Photo (c) Le Figaro

Un socialiste heureux

C'est en Belgique. Il vient de gagner les élections. Il nous fait partager sa joie sur la RTBF. On attend de voir la même video avec Laurent Fabius...

17 octobre 2006

Bayrou : Surprise du premier tour ?

Se posant en candidat "de la protestation positive", commençant à bénéficier du repoussoir qu'incarnent pour les électeurs modérés de gauche et de droite les personnalités affirmées pour ne pas dire autocratiques de Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, François Bayrou pourrait bien créer la surprise au premier tour.

En témoigne cet article du Monde daté du 29 septembre dernier :

"Chaque jour depuis fin août, François Bayrou reçoit plusieurs appels d'amis, d'élus, de conseillers. Tous tiennent à lui faire savoir personnellement qu'ils ont, au cours de la journée, ou dans un dîner en ville, rencontré un ou plusieurs électeurs de l'UMP ou du PS prêts à voter pour lui à l'élection présidentielle. Lundi 25 septembre, Maurice Leroy, député UDF de Loir-et-Cher, recevait dix nouveaux adhérents à sa permanence. Aussitôt, il a prévenu "François" : "Huit venaient de la gauche !"

Mercredi, six élus UMP du conseil municipale de Toulouse ont rallié le parti centriste. Ce même jour, une note de quatorze pages est arrivée sur son bureau, rue de l'Université, à Paris. Rédigée par Frédéric Lefebvre-Naré, elle s'intitule "Ce qui se passe sur Internet autour de François Bayrou et de l'UDF". La première analyse de ce polytechnicien entré au service de l'UDF depuis six mois concerne le site agoravox.com, qui a organisé deux jours durant un sondage en ligne sur le premier tour de la présidentielle. Près de 4 000 internautes y ont pris part.

Divine surprise : " François Bayrou a d'abord été classé en deuxième position, puis est passé en tête avec 20-21 % des voix et son score atteint désormais (26 septembre) 28 %", écrit M. Lefebvre-Naré. Suivent plusieurs pages d'extraits de paroles d'internautes, sympathisants du PS ou de l'UMP, recueillis sur les sites des journaux. Tous se disent prêts à voter François Bayrou.

Ce "buzz" favorable aurait démarré dès la parution dans L'Express, le 31 août, des premières attaques du candidat Bayrou contre l'"intimité" du président de l'UMP avec "les puissances de l'argent". Le lendemain, sur France Inter, il dénonce les dirigeants des grands groupes audiovisuels les accusant "d'orienter" les Français "vers un choix préfabriqué". La rumeur positive chez les internautes augmente, à la faveur du face-à-face tendu entre le député des Pyrénées-Atlantiques et Claire Chazal, le 2 septembre, lors du "20 heures" de TF1.

Selon les proches de M. Bayrou, les confidences du candidat sur son entretien avec les dirigeants de la chaîne privée auraient encore amplifié ce phénomène. "Une explication musclée. Les murs ont tremblé", a raconté plusieurs fois le président de l'UDF, expliquant que ses interlocuteurs avaient milité ouvertement pour le "bipartisme" en politique.

Même les plus rêveurs de ses partisans n'osent conclure à une "bayroumania". D'autant que les sondeurs maintiennent leurs estimations, entre 7 % et 10 %, au premier tour. "La structure de sa popularité reste marquée à droite, souligne Brice Teinturier (TNS-Sofres). Même s'il est efficace et pertinent dans sa dénonciation, son espace reste celui d'un leader de droite modéré."

Mais chacun des soutiens du candidat UDF note que, désormais, "il n'est plus perçu comme avant". Deux fois ministre, favorable à la Constitution européenne, il est parvenu à capter - comme Jean-Pierre Chevènement en 2002 - l'étiquette de "candidat antisystème". Directeur de l'hebdomadaire Marianne, Jean-François Kahn lui a apporté son soutien "personnel" au nom du "centrisme révolutionnaire". "Maintenant, il est à la table de jeu", résume son conseiller, Philippe Lapousterle. Première conséquence : les concepteurs de la publicité pour Europe 1 ont intégré du coup le président de l'UDF (ainsi que Jack Lang) à leur visuel.

Persuadé que l'élection "attend sa surprise", installé sur le créneau de "la protestation constructive", il crève la "bulle Ségo-Sarko". Consultés au même titre que les sondeurs, des spécialistes du marketing l'ont convaincu que les "produits Royal et Sarkozy étaient liés comme Coca et Pepsi. Si l'un deux baisse, l'autre baissera à son tour" et que "tout ce qui ferait du tort à l'un atteindrait l'autre".

D'autres experts, plus politiques, ont mis en avant l'attirance de certains électeurs pour les valeurs d'autorité défendues par le couple Royal-Sarkozy, et leurs craintes face à la personnalité ou la capacité de l'un et l'autre. Ils en ont conclu que le vote Bayrou pouvait, dans ces conditions, devenir une "valeur refuge".

Reste à peaufiner sa stature de présidentiable. "Il bosse comme jamais", exulte un proche - et fait tout pour démentir sa réputation de dilettante. Durant l'été, il a consulté de grands patrons, en toute discrétion. Des intellectuels, tels que le démographe Emmanuel Todd et l'économiste Michel Godet, ont été reçus rue de l'Université. Un livre Au nom du Tiers-Etat (Hachette Littérature) paraîtra le 11 octobre. Son objectif : démontrer la "cohérence politique" du candidat et montrer qu'il n'est pas qu'un "homme de coups" et de "critiques".

Il y a quelques années, Jean-Louis Borloo avait eu ce mot concernant le président de l'UDF : "François préférera toujours avoir raison que de gagner une élection." "Aujourd'hui, répond-on à l'UDF, François veut gagner."

Philippe Ridet

Pauvre DSK !

Cette fois, c'est fichu. Il avait déjà le soutien de Michel Rocard, de Catherine Tasca, de Jean-Marie Bockel, il vient de recevoir aujourd'hui celui de Robert Badinter ! Pourquoi pas Kouchner ou l'Abbé Pierre pendant qu'on y est !

Décidément, Dominique Strauss-Khan n'a rien compris à la communication politique moderne (voir ses essais malheureux devant les caméras de Canal+, dans un billet du 4 octobre) et reste un amateur. Même sa pauvre tentative d'un hymne de campagne made in Sarcelles sur fond de Zouk est d'une maladresse affligeante. Il ne sait plus quoi faire ce pauvre Dominique (il devrait au moins commencer par virer son conseil en communication).

C'est pas du Rocard qu'il lui faut, pas du Badinter, c'est du Jamel, du Doc Gyneco, du Johnny, du Diam's !!!

Dominique, si tu me lis, je t'en prie, ressaisis-toi : change de costume, maigris de 10 kilos, souris, arrête de nous prendre la tête avec toutes tes idées et tes propositions pour la France, ne prononce plus jamais les mots "social-démocratie", souris, adopte un petit orphelin, envoie ta femme chez Ardisson, ne dis rien de concret, souris, va faire un tour à l'étranger voir comment ça se passe (les socialistes ont perdu le pouvoir en Suède, va plutôt en Espagne ou en Amérique Latine), mets toi au jogging, adopte un chien, copie sur tes voisins de droite, copie sur tes voisins de gauche, dis nous bien que tout ira mieux demain, achète une voiture hybride mais surtout souris, souris, souris toujours.

16 octobre 2006

Redevance socialiste

Bon, allez, une petite question en passant ce soir, alors que les candidats à la candidature socialiste inaugurent une série de 6 débats dont 3 seront retransmis sur les chaînes parlementaires : Qui paye les émissions ? On ne peut qu'être surpris par le fait que la redevance payée par tous les français semble en ce cas servir à financer les débats permettant aux militants socialistes de choisir leur candidat à l'élection présidentielle. Personnellement, je m'en fiche un peu à vrai dire mais j'entends d'ici les cris d'horreur de la gauche si l'UMP utilisait les moyens audiovisuels nationaux aux seules fins de départager MM. Sarkozy et Villepin (c'est un exemple...) dans la course à l'investiture !

12 octobre 2006

Ségolène et la Turquie

Ségolène Royal donnait hier une conférence de presse à l'Assemblée Nationale pour présenter sa vision de l'Europe et la résumer à 7 propositions. Une fois de plus, après une lecture toute "brejnevienne" de son discours, la séance des questions directes s'est révélée cruelle pour la candidate à la candidature, et ce, dès la première question posée "Quel est votre avis sur l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne ?" Combien de temps encore Ségolène Royal évitera-t-elle tout débat ? Pour l'instant elle reste fidèle à elle-même : "Mon avis c'est celui du peuple français"...

La preuve (édifiante) en images :



La prudence dans l'absence de prise de position a ses limites.

Du vent...

Edifiant cet article...

Cette peur de la confrontation en dit long, et confirme si besoin était que la popularité de Madame Royal repose sur du vent, ou comme le dit notre désirdavenir, sur une méthode, mais uniquement sur cela.

Vivement les débats internes.


PRÉSIDENTIELLE 2007 Trois candidats, trois confrontations télévisées, trois meetings devant les militants : le PS met en scène ses primaires. De la couleur des décors à l'emplacement des pupitres, récit des négociations
Débats fraternels sous haute surveillance




Trente centimètres, pas plus, sépareront le pupitre, légèrement en retrait, du candidat placé au milieu des deux autres, le tout formant une sorte de V. Jusque dans le moindre détail, l'organisation des débats télévisés entre les candidats à l'investiture présidentielle du Parti socialiste retransmis en direct, à 20 h 35, sur les chaînes parlementaires le 17 octobre, puis le 24 et le 7 novembre, a été âprement négociée par les représentants de Laurent Fabius, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn.

De la couleur du décor au relevé précis des temps de parole en passant par la disposition des caméras, tout a été étudié à la loupe, soupesé. Jean-Pierre Elkabbach, président de Public Sénat, n'a pas pu s'empêcher de s'exclamer : " Vous revenez à la télévision de Brejnev, je vous rappelle qu'il est mort. "

Les pourparlers ont duré deux jours : lundi 9 et mardi 10 octobre, au siège du PS. Pour la première réunion, les présidents des deux chaînes, M. Elkabbach et Richard Michel (LCP-Assemblée nationale), avaient fait le déplacement avec une armada de techniciens, le réalisateur Philippe Lallemant. Ils s'étaient munis des cassettes des duels américains Bush-Kerry ou allemand Merkel-Schröder.

En face, la direction du PS était représentée par Stéphane Le Foll, directeur de cabinet de François Hollande, et chaque présidentiable par ses conseillers. L'équipe de " DSK " était assistée de Laurent Habib, PDG de l'agence Euro-RSCG. Mardi matin, une deuxième réunion - entre responsables socialistes uniquement - a permis, cahin-caha, de déboucher sur un accord rédigé avec la minutie d'un contrat de mariage devant notaire.

Les pupitres, donc. Les partisans de Mme Royal souhaitaient que les trois objets en question, " bois et transparent ", accompagnés de sièges de bar " blancs ", soient parfaitement alignés. " Quand l'un parlera, les deux autres finiront par attraper un torticolis pour le regarder ", ont protesté leurs concurrents fabiusiens et strauss-kahniens. " En triangle, c'est déjà une confrontation ! ", s'est échauffé, au nom du camp Royal, l'ex-fabiusien Thierry Lajoie - étant entendu que les candidats n'ont pas le droit de s'interpeller.

L'intervention de chaque prétendant - et sa place - dépendra du tirage au sort réalisé avant le début de l'émission, d'une durée de 100 minutes. Une quinzaine de questions, exclusivement consacrées à l'économie et au social pour la première édition du 17 octobre, leur seront soumises à tour de rôle.

Les chaînes parlementaires ont convaincu les socialistes qu'il ne s'agissait " ni d'un spectacle ni d'un jeu " et qu'il fallait donc abandonner l'idée de tirer au hasard, " dans un bocal transparent ", les questions des militants présélectionnées sur Internet. Ces dernières serviront de canevas aux journalistes Emilie Aubry (LCP-AN) et Emmanuel Kessler (Public Sénat), qui pourront relancer le candidat - une concession arrachée de haute lutte par les dirigeants des chaînes.

Chaque réponse sera chronométrée : pas plus de trois minutes quinze secondes. Trente secondes avant, une petite lumière rouge, sur le pupitre, préviendra l'orateur qu'il lui faut conclure. Le temps " non consommé " sera redistribué. Les prétendants disposeront par ailleurs de deux à trois minutes, en début et en fin d'émission, pour présenter leur candidature. Les plans de coupe des caméras ont finalement été acceptés, ce qui évitera - autre concession négociée -, des images figées sur celui qui parle.

Les autres chaînes de télévision sont furieuses d'avoir été exclues du jeu par leurs consoeurs parlementaires, qui ont mis en avant leur " rôle civique " et plaidé pour une audience potentielle de 11 millions de téléspectateurs (câble, satellite, TNT et ADSL cumulés). Elles pourront toutefois retransmettre l'émission avec un décalage d'un quart d'heure. Elles auront également la possibilité de diffuser des extraits dans leurs journaux, sans passer, comme le suggérait l'équipe Royal, par les règles que la FIFA impose pour les matches de football : 90 secondes maximum, déjà montées, versées au pot commun.

Mais les partisans de la candidate sont demeurés intraitables sur un autre point : il n'y aura pas d'autres journalistes présents dans les studios VCF de Saint-Cloud, même dans une salle à part. Seuls, pourront pénétrer sur le plateau 30 invités (10 par candidat), à la condition expresse qu'ils soient muets et restent assis dans la pénombre. Devant ce cahier des charges draconien, M. Michel a fini par trouver les mots : " C'est une confrontation indirecte comparative. "

C'est aussi une première pour une primaire socialiste. Ségolène Royal n'a jamais caché son hostilité à ces débats, réclamés avec insistance par Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, arguant que cela servirait avant tout la droite à fourbir ses armes pour " l'autre " campagne. François Hollande a hésité. Puis les dirigeants du parti réunis en bureau national sont parvenus à un accord le 26 septembre, alors que Mme Royal se trouvait en visite au Sénégal, et la candidate favorite des sondages a dû s'incliner à contrecoeur.

" Je vais voir comment - ces débats - vont se dérouler, il y en a trop, confie-t-elle au Monde. C'est à désespérer, ce qui se passe dans le parti : on n'arrête pas de se regarder le nombril ! " Et de prévenir : " J'en accepte le principe, mais je me réserve pour la suite. " Mardi, le ton est monté avec la " suite " justement, c'est-à-dire le second volet des débats, organisés cette fois devant les militants, le 19 octobre, le 26 puis le 9 novembre. Les deux derniers auront lieu à Paris et à Toulouse tandis que le premier est encore en balance entre Tours ou une ville du Gard.

Le numéro deux du parti, François Rebsamen, rallié à Mme Royal, a tenté d'exclure toute présence de la presse, " même régionale ", mais il a été finalement convenu que les journalistes pourraient assister à ces rencontres, mais sans micro ni caméra. " Pourquoi pas débattre avec des cagoules ? ", s'énervait à la sortie le fabiusien Claude Bartolone. " On veut un débat maîtrisé mais pas étouffé ", soulignait pour sa part Jean-Christophe Cambadélis, proche de M. Strauss-Kahn. La délégation de Mme Royal, menée par Patrick Mennucci, elle, n'a cessé de répéter au fil des discussions : " Nous, on ne voulait pas de ces débats. "

Isabelle Mandraud

04 octobre 2006

DSK : un homme intègre

Super innovation technique sur France Politique ce soir : vous allez pouvoir enfin consulter aussi de la video en ligne.

J'inaugure cette série avec des images (désolé, la qualité est très médiocre, je ferai mieux la prochaine fois) que vous avez peut-être déjà vues sur Canal, où Dominique Strauss-Kahn nous démontre en direct toute sa spontanéité et l'honnêté de sa démarche politique.



Le truc énorme, c'est quand DSK dit "Oh, non, ne me dites pas que vous ne l'avez pas, je ne peux pas rentrer chez moi sinon !" Quel talent, quelle imagination, quel sens de l'improvisation !

Il paraît que depuis, François Hollande a refusé de participer à la même émission. Il a le même conseiller en communication que DSK ?

01 octobre 2006

J’comprends pas bien…

Récemment deux informations m’ont un peu surpris : la première c’est l’annonce que la Bulgarie et la Roumanie allaient prochainement entrer dans l’Union Européenne. La Commission Européenne aurait récemment annoncé que « rien ne s’opposait l’entrée de ces pays dans l’Union Européenne début 2007 » (au 1er janvier à priori). Si sur le point économique c’est surement vrai, c’est aller un peu vite au niveau politique… Il y a quand même un peu plus d’un an les citoyens de plusieurs pays européens, en refusant l’adoption de la Constitution, demandaient clairement à ce qu’il y ait – sans parler de remise en cause – tout au moins une réflexion sur le processus de construction de l’Europe. Message visiblement pas entendu. Le vrai risque : que le message soit beaucoup plus clair lors des prochaines élections (la gauche est-elle prête à appeler à voter pour Sarkozy au deuxième tour ? Ou la droite à voter Royal…)

L’autre information concerne l’affaire Suez/GDF et le fameux vote de l’article 10 du projet de loi. Article qui aboutit à la « privatisation » de GDF en permettant à l’Etat de passer de 70% à 34% du capital. Une décision à laquelle s’opposent la gauche et l’UDF (sans compter une partie de l’UMP). Si finalement cette décision a été adoptée c’est par 91 voix contre 39. Pas mal sur 576 députés ! Décidemment la motivation dans l’hémicycle n’est pas la même que dans les médias. Mais si la gauche et l’UDF avaient vraiment voulu s’y opposer il aurait tout simplement fallu que les députés soient présents… Il y a 142 socialistes et 25 UDF soit largement plus que les 91 de la majorité à ce moment là. Pourquoi n’étaient ils pas là ?

Décidemment, je ne comprends pas tout…

 
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