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30 novembre 2006

De l'inutilité d'une primaire à l'UMP

Pourquoi organiser des primaires dans un parti où le candidat est connu d’avance, tant est sans conteste sa légitimité ?

Autant au parti socialiste, la désignation de celle qui incarne si bien le néant total et la démagogie n’allait pas de soit, bien loin s’en fallait, tant étaient comparativement légitimes les ambitions de ses deux compétiteurs eu égard à leurs compétences, leur expérience et leur stature. Il ne pouvait être question de mandater le pire des candidats sans l’aval de la base, et il fallait effectivement en passer par les urnes internes pour confirmer l’adéquation entre le vide sidéral de la pensée d’une majorité de militants socialistes et le choix d’une candidate-poudre aux yeux qui leur ressemble.

A l’UMP, nulle situation similaire.

La légitimité de Sarkozy n’est pas contestable ni bien sérieusement contestée au sein de l’UMP, et aucun membre du parti n’est en mesure de rivaliser sérieusement, puisque MAM se satisferait à l’entendre d’un 15% et l’hypothèse d’une candidature Villepin n’est pas compatible avec le calendrier du parti.

Et la très probable percée de Le Pen, dont tout le monde à l’exception de Désirsdavenir, s’accorde sur les réelles chances d’être présent au second tour, impose plus que jamais l’unité au sein du parti majoritaire.

Il est donc temps pour l’UMP unie derrière son chef d’entrer réellement en campagne et de concentrer toutes ses forces contre l’ennemi véritable, pour démontrer aux français, par le débat, toute la vacuité de la pensée ségoliste que les militants socialistes n’ont pas su, pour 60% d’entre eux, déceler.

Sa réponse est "Oui".

Qui, depuis 2003 et les aveux de salle de bains de Nicolas Sarkozy, aurait pu en douter ?

En tout cas, à ceux-là, il a apporté aujourd'hui une réponse claire et précise dans les colonnes de 6 quotidiens régionaux (et de Libé qui éventait le "scoop" dès hier soir sur son site web) : à la question "Etes vous candidat à l'élection présidentielle ?", il affirme sobrement "Ma réponse est oui".

Whaou le choc ! Le scoop ! Sarko candidat à l'Elysée ? Si c'est pas une surprise ça ! Un séisme politique ! L'échiquier politique français va s'en trouver bouleversé, c'est sûr.

Et dire qu'il y a quelques jours encore Nicolas Sarkozy promettait "quelques surprises" pour l'annonce officielle de sa candidature... Mais peut-être voulait-il parler du choix de reproduire la méthode Chirac de 1994 où ce dernier avait annoncé sa candidature dans "La Voix du Nord" ? Sarko dans les pas de Chirac, c'est peut-être ça la surprise. En dehors de cela rien de bien étonnant.

Ah si, j'allais oublier, finalement la rupture sera "tranquille" (sic). Communication, quand tu nous tiens...



Pour lire la totalité de l'entretien, c'est ici.

29 novembre 2006

Restructurations au PS ?

Ségolène Royal a annoncé la composition de son Etat-Major de campagne. Celui-ci, réduit à 15 personnes, sera dirigé par François Rebsamen (n°2 du PS et déjà pressenti comme futur Ministre de l'Intérieur en cas de victoire socialiste) et Jean-Louis Bianco (digne représentant de la Mitterrandie première période et ancien Secrétaire Général de l'Elysée).

Très centrée autour de l'entourage immédiat de la candidate (Dray, Chantepy, Menucci...) et n'échappant pas au clientélisme (la présence de Jack Lang en conseiller spécial ne semblant pas très emblématique d'un renouveau de la politique), l'équipe mise en place par Ségolène Royal ne comprend aucun membre des réseaux de Fabius ou DSK.

A ce titre, on ne peut qu'être curieux de voir ce qui va advenir des rapports de force à l'intérieur du PS après l'investiture-plebiscite de Ségolène Royal.

Si les partisans et l'équipe de Fabius sont d'ores et déjà courtisés par la candidate (Menucci a même proposé à Claude Bartolone de les rejoindre) dans un souci évident de pouvoir rassembler à gauche au second tour, celle-ci ignore ostensiblement DSK et ses troupes. Son ressentiment à l'égard de celui qu'elle juge comme le principal responsable des dérapages de la primaire est intense : "Je lui ferai payer cher ses coups tordus" a-t-elle promis. Mais c'est surtout parce qu'elle juge l'apport politique de la Social-Démocratie sauce DSK inutile dans la campagne qu'elle a rompu, du moins pour l'instant, les ponts.

DSK de son côté, mise sur les 20% acquis lors de la primaire et sur sa relative bonne tenue dans les sondage pour implanter durablement son courant au sein du PS et se poser, le cas échéant, en rival de Jospin comme "recours" du Parti.

Mais de nombreuses questions d'appareil restent encore en suspens : comment se positionnera au final le NPS (Nouveau Parti Socialiste) ? Se fondra-t-il dans la machine ségolienne ? On peut légitimement en douter. Que vont faire les Jospinistes ? On sait que Jospin n'a pas voté Royal et que Delanoë, aujourd'hui très cordial (pour ne pas dire plus) avec Ségolène, a quant à lui voté blanc lors des primaires. Jospin se voit-il toujours comme un ultime recours ? Les Fabiusiens cèderont-ils aux sirènes de la favorite des sondages ? Et au final, comment se comporteront les nouveaux militants à 20€ ? Quelle est leur soif de renouvellement du fonctionnement du Parti ?

Bref, la tectonique des plaques à l'oeuvre au Parti Socialiste est loin d'être achevée et le choix de Ségolène Royal par les militants socialistes pour les représenter pose finalement plus de questions qu'il n'apporte de réponses sur les mutations du PS. Aujourd'hui, l'attention est toute portée sur Ségolène Royal et la campagne qui débute contre la Droite mais demain ? Qui peut prédire comment les rapports de force évolueront ? Surtout en cas de défaite en 2007...

27 novembre 2006

Zéro pour Thierry Breton

Zéro. Zéro pointé même. C'est le chiffre de la croissance pour le troisième trimestre 2006 qui vient d'être donné par l'Insee, ce qui devrait porter la croissance annuelle de la France sur l'année à 2,1% maximum, au 22ème rang des nations européennes. Un taux sans commune mesure avec celui des Etats-Unis qui devrait atteindre 3,5% cette année après 4% l'année dernière...

On a peu entendu Thierry Breton, notre Ministre de l'Economie, commenter ce triste résultat. On le comprend, lui qui avait déclaré au Monde dès le mois d'août dernier que "tous les indicateurs économiques étaient au vert", que les chiffres étaient "tout à fait exceptionnels" et que la France allait réaliser en 2006 "l'une des plus fortes croissances de la zone euro et même que les Etats-Unis"...

A n'en pas douter ces chiffres tombent mal, à quelques mois d'une échéance électorale cruciale pour la Droite. Et c'est d'autant plus vrai que d'autres mauvais chiffres ternissent peu à peu la politique économique du gouvernement, comme le déficit extérieur qui devrait atteindre en 2006 son record historique à près de 30 milliards d'euros. Il y a fort à parier que ces chiffres ne manqueront pas d'alimenter le Parti Socialiste dans son discours de campagne.

Pourtant, une question aujourd'hui reste entière : ces mauvais résultats sont-ils le fruit d'une politique trop ou pas assez libérale du gouvernement actuel ?

J'ai bien ma petite idée sur la question mais...

Le Pen, retour des vieux démons

Lors d'un post précédent, Hussard Bleu soulignait l'excellente forme et le changement de ton du leader de l'extrême-droite en France dans l'émission A vous de juger. Le contexte politique de ces derniers mois et les sondages qui ne l'ont jamais placé si haut, ajoutés à une posture plus rassurante de grand-père sauveur de la Nation, formaient un cocktail des plus dangereux pour Avril 2007.

Sa prestation hier dans l'émission de Serge Moati m'a rassuré. Le Pen réalisera sans doute un bon score mais son rôle de père tranquille n'aura guère résisté longtemps. Chassé le naturel, il revient au galop, et l'on retrouva vite le Le Pen que l'on connaît, éructant, dégoulinant de haine, de racisme et de démagogie.

Comme d'habitude, Le Pen se délecta en pointant les nombreux maux dont souffre notre société sans jamais être en mesure d'y apporter la moindre réponse. A chaque question concrète portant sur ce qu'il ferait s'il était élu président, comme l'abandon de l'euro ou la réduction de la dette, il répondit invariablement : "on verra", "ça dépend", "peut-être".

Son incompétence sur les questions économiques clairement établie, il ne restait plus qu'à faire tomber le masque, ce à quoi s'employèrent à merveille Maurice Leroy et Christine Taubira, dont le calme trancha avec la perte de sang-froid de Le Pen.

En effet, Le Pen, habituellement assez habile lors de ce genre de confrontations, se retrouva complètement déstabilisé par la députée guyannaise, qui réussit à le piéger notamment sur les questions de l'inégalité des races et de la xénophobie, en reprenant ses propos jamais démentis. Rouge de colère, hors de lui, incapable d'argumenter, le vieux fasciste tomba le masque du père tranquille et laissa apparaître son vrai visage, défiguré par la haine.

Sa prestation déplorable ne dissuadera pas ses électeurs traditionnels de voter pour lui, en revanche, elle maintiendra à l'écart ceux qui, écoeurés par les difficultés qui s'accumulent, songèrent un instant à le rallier en imaginant qu'il s'était assagi ou détenait des formules magiques pour sauver la France.

23 novembre 2006

Un peu de réalisme !

Les derniers avis de ce blog laissent imaginer qu’à droite, comme à gauche, un débat d’idées serait en cours entre militants des deux bords. Puis, je suppose, les auteurs de ces textes voient la période électorale à venir comme le temps où ce débat sera ‘officiellement’ progressivcement amené vers le grand public et les électeurs avec, en point d’orgue, le fameux duel télévisé du dernier tour (quand il a effectivement lieu…).

J’ai peur que ce ne soit qu’une vue de l’esprit… A droite - la gauche n’a pas tort de le souligner - il n’y a aucun débat qui se profile… Bien sûr, il y aura sans doute une sorte de ‘primaire’ interne de l’UMP pour faire ‘comme si’ mais les dés sont jetés depuis longtemps ; sauf à ce que les dissensions internes de la droite ne l’amènent à volontairement faire perdre son challenger (Chirac l’a fait face à Giscard en 1981 ; pourquoi pas deux fois ?).
Mais objectivement, j’ai peur que personne ne s’intéresse véritablement à ce que dit Sarkozy. Ce qui compte c’est plus son comportement et les sondages. Or, les chiffres parlent: à part lui, point de salut.

De l’autre côté, la gauche à beau jeu alors de mettre en avant son approche ‘démocratique’. En effet, affirment les militants, au moins chez eux il y a eu un vrai débat d’idées qui a abouti au vote des militants… Certes, mais, permettez-moi de douter fortement de cet argument ! Les militants de gauche sont comme ceux de droite : ils pensent 1) qu’il vaut mieux être au pouvoir que dans l’opposition, 2) qu’au vu des sondages seule Ségolène donnera une chance à la gauche d’y arriver. Alors, les idées c’est bien beau, mais lors d’une élection la seule réalité c’est les voix !

Pour conclure, j’ai peur que les idées s’effacent progressivement dans les mois qui viennent. En effet, et c’est une règle de la communication, « plus on parle, plus on risque de dire une connerie ». Ségolène l’a vérifiée récemment ; maintenant qu’elle sait que c’est elle et que Sarkozy a la même perception de son propre rôle, je pense que ces chers candidats – et leurs partis – vont être nettement moins prolixes. Par contre les articles sur les vies de familles, les ‘copains d’école’ et les ‘enfants de candidats’ devraient fleurir…

Frénésie législative à l'Intérieur

Comment capter et conserver l'attention des médias quand on est simple ministre, fut-il d'Etat, et que l'on ne peut influer sur la politique de la France dans son ensemble ou se faire remarquer par des prises de positions retentissantes à l'international ?

En faisant peuve d'un activisme législatif forcené bien sûr !

Nicolas Sarkozy, Ministre de l'Intérieur "pour se protéger des coups tordus", l'a bien compris :

Août 2002 : Texte sur l'Orientation et la programmation pour la sécurité intérieure.
Septembre 2002 : Orientation sur la justice.
Février 2003 : Loi aggravant les peines pour les infractions racistes.
Mars 2003 : Loi pour la sécurité intérieure.
Novembre 2003 : Texte sur la maîtrise de l'immigration.
Novembre 2003: Texte sur la répression des séjours irréguliers.
Mars 2004 : Adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité.
Janvier 2006 : Texte sur la lutte contre le terrorisme.
Avril 2006 : Répression des violences contre les mineurs.
Juillet 2006 : Répression des violences dans les manifestations sportives.

Et comme tout cet arsenal législatif n'est pas encore suffisant, nous voici maintenant à débattre de la "Loi sur la Prévention de la Délinquance". On se demande, à la vue de tous ces dispositifs (onze textes de loi en 4 ans), comment la criminalité peut encore survivre dans notre beau (et sûr) pays...

Pourtant, et c'est là à mon sens le risque politique majeur pour Nicolas Sarkozy, malgré une débauche de moyens législatifs et un activisme médiatique forcené, les résultats ne sont pas ceux escomptés. Si une baisse globale "des faits constatés" est observée, les violences aux personnes continuent, elles, à augmenter.

Allez, encore un petit effort M. Sarkozy, vite, une douzième loi !

Liberté d'expression

Il semblerait que Désirsdavenir fasse l’offense aux lecteurs de ce blog de confondre celui-ci avec le site officiel de l’UMP, qui détaille et argumente les composantes du projet du parti majoritaire.
Après avoir ici même, en vain évidemment et heureusement pour la vigueur du débat citoyen, tenté de bâillonner toute voix qui discorderait de la doctrine majoritaire du parti socialiste, voilà qu’on nous impose aujourd’hui le thème de nos développements, sur ce blog qui s’intitule France Politique et constitue donc un espace de liberté d’expression politique sur lequel les intervenants sont invités à faire part de leur commentaire, quel que soit leur orientation politique faut-il le rappeler, sur tout ce qui touche de près ou de loin l’actualité politique.

Qu’il soit donc laissé à Désirsdavenir la liberté de commenter et de critiquer si il le souhaite tel ou tel pan du programme de l’UMP, et qu’il nous soit alors permis de lui répondre si on le juge opportun.

On ne peut d’ailleurs manquer à ce sujet de s’interroger sur le silence assourdissant de notre ami, qui attend peut être qu’on fasse à sa place le travail d’opposition ou qu’on se fourvoie dans une adhésion sans nuance.

Heureusement, nous avons su en son temps nous saisir nous-mêmes des orientations proposées par les aspirants socialistes à la candidature pour faire part sur ce blog de nos points de vue divers, approbateurs ou réprobateurs, sans attendre inutilement de commenter l’éventuel commentaire d’un militant qui n’a jamais d’ailleurs oser se prononcer pour tel ou tel de ses champions avant que celui-ci, celle-ci en l’occurrence, ne soit adoubée par la majorité.

Une prudence susceptible de l’honorer d’ailleurs, et dont ferait bien de s’inspirer mon ami Jack, en plein déboires avec son éditeur, en raison de son refus de publier son livre (intitulé « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur moi », sic sic sic !!!) dans lequel il exposait les bonnes raisons de sa candidature et jugeait Ségolène Royal peu compétente, estimant que le couple Hollande avait « manipulé le parti à son profit ».

Evidemment, entre publication et poste ministériel, Jack le Vendu a choisi de servir sa propre ambition de serpillière au détriment de ses convictions.

Il nous rappelle utilement que la liberté d'expression comprend également celle de choisir ses thèmes d'expression, et celle de ne pas s'exprimer.

Rassure-toi Jack, le ridicule ne tue pas, et m’est avis que tu n’as pas fini de nous faire rire.
Merci donc pour l’ensemble de ton œuvre, ne change rien surtout, la politique serait finalement plus terne sans toi.

La semaine me paraît donc mal choisie pour qualifier Sarkozy de girouette.

Cette qualification prête d’autant plus à sourire, quand la candidate officielle du parti socialiste, dont le dirigeant n’aime pas les riches (sic) et voterait sans hésitation pour Besancenot si celui-ci était opposé au candidat de la droite, a pour objectif avoué d’effrayer les capitalistes (re-sic), mais prône parallèlement une politique sécuritaire d’encadrement militaire, euh, pardon, humanitaire des jeunes, ou encore veut revenir sur les 35 heures, tout en prônant qu’elles soient appliquées réellement à l’école, et se met plus généralement à dos, par la philosophie de son positionnement politique la gauche du parti socialiste au point que cette frange s’interroge sur son vote du 22 avril prochain.

L’idéologie ségoliste paraît difficile à cerner, et laisse d’ailleurs perplexe bon nombre de sympathisants et de caciques socialistes, à l’exception notable de Jack et de Désirsdavenir qui semblent se satisfaire de son fondement principalement démagogique.

Il me paraît préférable de balayer devant sa porte avant d’aller voir ce qui se passe ailleurs.

Car l’actualité du parti socialiste n’a pas manqué d’égayer notre semaine chers amis.

Outre les petites aventures de Jack la girouette authentique, c'est la liberté d'expression dont Monsieur Frêche fait un usage politiquement incorrect qui a fait la une.

Tout le parti s’accorde dans un premier temps à juger ses propos scandaleux, et donc le personnage passible de la cour martiale du parti, qui peut aller jusqu’à l’exclure de ses rangs.

Le parti paraît unanime sur cette sentence, jusqu’à ce que le truculent menace de « semer une panique que vous ne pouvez imaginer », et de dévoiler force révélations pas bien reluisantes qui pourraient aller jusqu’à empêcher la victoire finale.

Mais il nous rassure : « l’avenir de Ségolène Royal à la présidence est pour [lui] plus importante que [sa] modeste personne ; c’est pour ça [qu’il] ne dira rien ».

Tiens donc ? On aimerait en savoir un peu plus naturellement.

Mais déjà, on sent les voix hier indignées, s’apaiser, et François Hollande d’expliquer que l’exclusion ne va pas de soit, et que les termes du débat sont plus compliqués qu’il n’y paraît.

Même Gayssot, après avoir présenté sa démission de vice-président de la région, refusée par Frêche, a considéré que finalement, les propos de ce dernier n’étaient pas racistes…

Ouf, on a eu chaud à gauche, on a cru un instant que Frêche avait franchi la ligne rouge, mais non, c’était pas possible, le placard de ses archives lui barrait la route.

22 novembre 2006

UMP = Un Mauvais Programme ?

Longtemps j'ai attendu, scruté, espéré lire sur ce blog une analyse détaillée des propositions de l'UMP, mais en dépit des promesses de Horrible, Hussard, Henri et les autres, rien, pas la moindre note pour expliquer, à défaut de défendre, un programme qui pourrait, en cas de malheur, conduire le destin de notre pays pour les cinq prochaines années.

Mais ce blog n'est pas le seul à éviter soigneusement ce sujet, les médias dans leur ensemble préfèrent s'attarder sur les quelques sifflets proférés à l'encontre de MAM, la petite phrase de Villepin dans "Ripostes" ou les prévisions astrologiques de Bernadette dans Le Nouvel Obs.

Le manque d'ambition de ce programme suffit-il à expliquer le désintérêt général qu'il suscite, ici comme ailleurs ? Les querelles à droite sont une fois encore le résultat de conflits d'ambitions mais nullement de différences idéologiques ou de modèles.
La girouette Sarkozy, en oscillant entre un discours de rupture avec traitement de choc, inspiré des politiques menées par Reagan et Thatcher dans les années 80, et une ligne plus gaullienne de droite sociale, ne facilite pas la tâche de ses opposants.

Alors que partout on annonce la mise en route de la célèbre machine à perdre de droite, n'est-ce pas le moment pour les différents caciques de l'UMP de définir leurs projets pour la France ?

Au PS, trois visions claires sortaient du débat : Fabius, avec un socialisme offensif, proche de la rhétorique des discours de 81 prônant la rupture avec le libéralisme (à ne pas confondre avec l'économie de marché); DSK, partisan d'une sociale-démocratie inventive aspirant à réparer les dysfonctionnements du capitalisme en en corrigeant le plus possible les inégalités à la racine. Enfin, Ségolène et sa démocratie participative, cocktail d'idées altermondialistes et de propositions concrètes proches des soucis des français.

Ainsi, les militants du PS votèrent en connaissance de cause, au-delà de simples rivalités de personne. Alors à quand ce débat idéologique (mais n'est-ce pas un gros mot à droite ?) entre les différents représentants d'une droite jacobine, bonapartiste, orléaniste, légitimiste..., les militants de l'UMP n'y ont-ils pas le droit ?

Se contenteront-ils comme souvent de porter des tee-shirts I love Sarko ou distribuer des tongs sur la plage ? L'avenir nous le dira bientôt.

21 novembre 2006

Le retour "d'Amstrad"



Après sa réélection à la Mairie de Bordeaux qui ne fut qu'une formalité, le "meilleur d'entre nous", le premier ministre droit dans ses bottes de 1995, le surdoué de l'ENA surnommé "Amstrad" par ses condisciples, Alain Juppé donc, fait sa rentrée médiatique au micro de France Inter dans l'émission de Stéphane Paoli, Le Franc Parler.

Malgré une fidélité à Chirac exemplaire (il refuse d'admettre que Chirac a trahi Giscard en 81), il reconnaît néanmoins que le bilan du chef de l'Etat est "contrasté" (le seul exemple donné d'une réalisation significative de l'action du Président est celui des 5000 vies épargnées par la lutte contre l'insécurité routière).

Comment éviter la machine à perdre à Droite ? Il faut d'après Juppé respecter le choix des militants UMP et "faire bloc derrière le candidat choisi". Ni plus, ni moins. Il n'a pas précisé néanmoins qui, à l'UMP, avait ses préférences.

Les priorités qu'il dégage pour l'action politique du prochain quinquennat : faire face à la mondialisation par l'innovation et créativité (tarte à la crème s'il en est), relancer l'Europe au moyen du noyau moteur des pays de l'Eurozone, devenir des "militants de la terre" (on ne peut s'empêcher de sourire en entendant ces mots dans la bouche de Juppé qui a pourtant bien passé 1/4 du temps de l'émission à parler d'écologie).

Pour lui, le clivage Gauche/Droite sur le chômage se matérialise autour des rigidités du marché du travail que la Droite doit de son point de vue débloquer pour libérer le marché de l'emploi.

Concernant la mondialisation, il considère qu'il faut "l'humaniser" et pas la "diaboliser" car elle a permis à des millions de chinois et d'indiens d'améliorer leur niveau de vie : les victimes françaises des délocalisations industrielles apprécieront...

Je vous épargne le discours sur les bienfaits de l'OMC, la gouvernance mondiale en marche et autres sujets technocratiques bien éloignées des préoccupations concrètes quotidiennes des Français.

Très franchement, je n'ai pas vu une grande différence entre le Juppé d'avant et le Juppé d'après l'exil canadien (pas de discours concret, pas de vision claire de la société et de ses aspirations, des vieux schémas de pensée archéo-gaullistes, etc.)...

Un peu dépassé l'Amstrad, non ?

Ségolène sur TF1 après sa victoire aux primaires

Voici l'intervention de Ségolène Royal au JT de TF1 hier soir, interviewée par PPDA.

Elle y annonce le début de sa campagne "participative" où les français sont appelés à modifier le projet socialiste et définit les quatre grandes priorités de son programme : l'éducation, la lutte contre l'insécurité, le pouvoir d'achat et l'environnement.

On passera sur le reste, c'est du Ségolène des grands jours : un brin de fausse modestie ("cette investiture je n'en éprouve aucune fierté" alors même qu'elle refuse de prendre au téléphone Fabius et DSK), des formules abstraites attrape-tout, de la démocratie participative en veux-tu-en-voilà (le summum : "Aux français de me dire ce qu'est l'ordre juste") et un tailleur blanc virginal, Madone oblige...

A vous de juger. Et de commenter...


17 novembre 2006

Incontournable




J’ai vu Jean-Marie Le Pen en débat jeudi soir sur France 2, face à François Bayrou, Arnaud Montebourg et Patrick Devedjian et il m’a bluffé !

Ce type est diablement habile. Pour être honnête, de tous les hommes politiques présents, il fut le seul à vraiment parler des problèmes concrets des couches populaires, avec un langage clair, volontariste et pour une fois, pas uniquement centré sur l’immigration. Des remarques de bon sens, des solutions concrètes un brin démagos mais crédibles.

Aucun de ses compétiteurs n’était à la hauteur. Aucun n’a réussi, hormis en pratiquant l’anathème (ce qui à mon sens est une erreur car cela le renforce dans sa position de bouc émissaire injustement attaqué par « l’établissement »), à démontrer l’inefficacité de ses propositions.

Il faut dire qu’outre son talent oratoire indéniable, le leader du Front joue sur du velours. Il a beau jeu de renvoyer dos à dos le PS et l’UMP en arguant du fait qu’ils ont été les uns et les autres aux responsabilités ces 30 dernières années sans rien avoir fait pour enrayer le déclin de la situation des classes populaires et moyennes. Il s’est payé Montebourg d’une simple formule « vous n’avez rien fait quand vous étiez au pouvoir et maintenant que vous êtes dans l’opposition, vous prétendez avoir la solution à tous les problèmes ». Facile, mais imparable. Facile parce-que le Front National n’a jamais été confronté à la réalité du pouvoir (et qu’il tait le désastre de sa gestion municipale dans les quelques villes qu’il a un jour dirigées) et que l'absence d'une représentation de 20% de l'électorat français à l'Assemblée Nationale est une absurdité. Et imparable parce qu’il a raison lorsqu’il stigmatise l’inefficacité passée des politiques de gauche comme de droite, qui sont finalement assez semblables lorsqu'elles se retrouvent confrontées à l'épreuve des faits.

Le contenu même du discours de Jean-Marie Le Pen m’a également surpris. Sur trois heures de débat, le problème de l’immigration, pourtant central dans la rhétorique du Front National, ne fut que très peu abordé. Et encore, la plupart du temps sous l’angle de l’intégration. Il a même réussi à faire dire, en public et en direct, à Patrick Devedjian que le bilan de la Droite au pouvoir « n’était pas satisfaisant »… Chapeau !

La séquence clé de l’émission fut cependant l’interpellation des politiques présents sur le plateau par des français soumis à des difficultés sociales (une femme de 40 ans au chômage depuis 4 ans, un ouvrier victime de délocalisations, un étudiant sur-diplômé qui ne trouve pas de boulot, un restaurateur au bord du dépôt de bilan pour cause de 35 heures et charges sociales…) Alors que tous les responsables des partis de gouvernement répondaient aux questions posées par un discours généraliste et global, seul Le Pen parlait du concret de ces gens, de leur vie, de leurs difficultés. C’était très surprenant. On comprend dès lors mieux pourquoi une très forte proportion des classes populaires vote aujourd’hui pour le Front National et la reconquête de cet électorat par les partis « de gouvernement » me semble un enjeu majeur pour 2007.

En outre, on ne voit pas encore beaucoup Le Pen sur les plateaux de télé, mais cela va changer dans les mois qui viennent avec l’ouverture de la campagne officielle et son discours sera alors plus amplement relayé et il sera donc plus audible.

Clairement le Front National lisse son discours, soigne sa « respectabilité », a étoffé son programme économique et social et je suis certain, à moins d’un dérapage dont Jean-Marie Le Pen s’est quand même fait une spécialité, qu’il faudra compter avec lui de nouveau en 2007.

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Pour mémoire, voici la répartition de l’électorat du Front National au premier tour de 2002 :

21% des hommes
16% des 18-24 ans
30% des ouvriers
20% des agriculteurs
14% des professions intermédiaires
17% des salariés
38% des chômeurs
15% des étudiants
22% des titulaires du baccalauréat
23% des personnes bénéficiant d'un revenu modeste
11% des sympathisants RPR
7% des sympathisants de gauche
13% des proches de l'extême gauche
19% des proches d'aucun parti
18% des électeurs RPR/UDF aux législatives de 97
13% des électeurs de Balladur en 1995

Une victoire attendue

Ils sont incroyables ces socialistes, avec 80% de taux de participation et 60% des voix pour Ségolène Royal à la primaire, on n'est même pas sûr qu'ils aient investit un candidat de gauche...

Mais bon, comme je le disais hier, le résultat était prévisible et le triomphe de la forme sur le fond est total. Les militants ont choisi le candidat le mieux placé dans les sondages mais peut-on leur en vouloir ? Quand l'objectif prioritaire est de battre la Droite plutôt que de proposer de véritables solutions aux problèmes concrets et critiques que vivent au quotidien les Français, on se range nécessairement derrière le mieux placé.

On attend maintenant le débat de fond avec la Droite qui, j'en suis sûr, sera une fois de plus stérile car ignorant des véritables enjeux globaux (l'europe et la mondialisation) pour se concentrer sur des mesurettes emblématiques de part et d'autre (35 heures et jurys populaires contre baisses d'impôts et service minimum).

Et comment cela finira-t-il ? Par un deuxième tour Royal-Le Pen.
C'est mon pronostic du jour.

La Divine

Forte, sereine, habitée par la grâce, Ségolène sort sublimée de ce scrutin interne et son destin s'écrira désormais avec la même encre que l'Histoire de France.

Plus de 60% des militants, au terme d'une campagne exemplaire, se sont prononcés en sa faveur, lui offrant une légitimité, mais aussi une responsabilité dont elle saura se montrer digne. En rompant avec les pratiques politiques traditionnelles, en affrontant courageusement des thèmes souvent tabous à gauche, en tenant un discours franc proche des préoccupations du peuple, Ségolène incarne aujourd'hui, et de manière incontestable, la rénovation du champ politique, et pas seulement à gauche.

Le parti la soutiendra, dans un grand rassemblement, et avec ses différentes sensibilités, toutes au service d'une même cause : gagner en 2007 pour retrouver l'espoir.

16 novembre 2006

A voté !

Salut camarades,

Je viens tout juste de glisser mon buletin dans l'urne, vous vous doutez bien que je tairai mon choix, dès demain matin mon candidat sera celui désigné par les militants, qui que ce soit.

A part ça, j'ai bien aimé vote débat pour ou contre la clope, mais j'attends toujours une analyse du programme de l'UMP, personne ne se dévoue ?

Ca n'a rien à voir, mais l'Histoire retiendra qu'aujourd'hui, date du vote des primaires au PS, j'ai appris que j'allais avoir deux filles, une petite Rosa (en hommage à Luxemburg) et une petite Ségolène.

A demain, j'en connais qui vont s'en donner à coeur joie. Mais avant le tir groupé contre Ségo, j'exige l'analyse du programme de l'UMP !

L'hygiénisme fait un tabac


La lutte anti-tabac a atteint aujourd'hui son apogée en France avec la publication au Journal Officiel du Décret sur l'interdiction du tabac dans les lieux publics.

Disons-le tout net, je ne suis pas fumeur mais cette atteinte aux libertés individuelles me révolte. Elle me semble surtout révélatrice du délire "hygiéniste" dans lequel est entré notre société ces dernières dizaines d'années. Cette volonté farouche de l'Etat de devoir protéger l'individu de tous les dangers qui le guettent, fusse contre son gré.

Adultes immatures n'ayez crainte, l'Etat vous sauvera malgré vous ! Vous ne pouvez résister à une petite clope ? un petit verre de vin ? Nous ferons en sorte de vous dissuader : hausses de prix, amendes, interdictions. Vous roulez trop vite ? Nous ferons ce qu'il faut pour vous en empêcher : radars, contrôles, prison.

Aujourd'hui les cibles principales des dictateurs de la santé publique sont la vitesse, le tabac et l'alcool. Et demain ? Continuera-t-on à vous laisser manger ce que vous voulez ou interdira-t-on l'andouillette et le Tablier de Sapeur, jugés trop "lipidiques" ?

A l'éducation à la tempérence et au plaisir, l'Etat omniprésent préfère la diabolisation puis l'interdiction pure et simple. C'est son droit démocratique. D'ailleurs, dans les sondages, 70% à 80% des français se disent favorables à cette législation anti-tabac, ce qui en dit long sur le souci unique de nos contemporains : être "sécurisé" (dans sa vie privée, dans sa santé, dans son parcours professionnel, dans sa retraite, etc. etc.)

Mais quand on voit les proportions que prend ce débat, il faut reconnaître que l'on frise l'absurde et le totalitarisme. Juste une anecdote : lorsqu'il a été question d'émettre un timbre à l'effigie d'André Malraux, la photo qui servit de modèle fut retouchée pour faire disparaître cette honteuse cigarette qu'il arborait en permanence. On réécrit l'histoire comme aux plus belles heures du Stalinisme et cela ne révolte plus personne. C'est bien triste.

En tout cas, bien que non-fumeur, je ne hurlerai pas avec les loups.

Le grand jour

Ah mes amis, je trépigne d'impatience, et non à l'idée de goûter cette horreur qu'est le beaujolais nouveau, vous vous en doutez...
Quel suspens que nous offre le parti!
C'était finalement une belle campagne, fort intéressante, et finalement tout à l'honneur du parti socialiste qui a fait montre d'un bel esprit démocratique en ses rangs, même si les ambitions personnelles de ses ténors ne lui en ont pas laissé le choix.
Toutefois, et après avoir suivi de très près cette campagne passionnante, il me semble que l'écueil principal pour les socialistes est de considérer la donne du début de campagne comme étant pérenne: Ségolène Royal serait la seule capable de battre Sarkozy. Grave erreur à mon modeste sens: la campagne a fait bouger les choses, les candidats se sont révélés en campagne et en confrontation, et il en ressort assez clairement qu'elle a moins les épaules qu'eux pour faire gagner la gauche et surtout battre la droite. Et son positionnement trop flou, qui prend l'eau de toute part, ne saurait tenir la route pendant les longs mois d'affrontement qui commencent.
En réalité aujourd'hui, je pense qu'elle est la moins à même des trois de faire gagner son camp.
Et prenant position en se fondant uniquement sur les sondages et la popularité, l'appareil du parti s'est piégé lui-même (je ne parle naturellement pas de fraise des bois dont les motivations personnelles n'ont bien entendu pas grand chose à voir avec les ambitions du parti qu'il dirige).
L'appareil sabordant chaque jour un peu plus les chances de victoire en 2007, enfermé dans ce positionnement sans issue concrétisé par un appel au vote massif, comprenez pour Madame Royal, celles-ci sont aujourd'hui entre les mains des militants, qui devront à peine d'échec quasi assuré, avoir la clairvoyance de voter à l'encontre des recommandations quasi-officielles de leurs dirigeants.

Par ailleurs, je tiens à vous faire part de mon indignation sur les propos du ministre de l'intérieur concernant l'affaire du cambriolage de Nogent, qui s'est terminé par la mort de l'un des cambrioleurs.

D'une part, les faits sont loin d'avoir été totalement éclaircis, et il était parfaitement prématuré de parler de légitime défense.
D'autre part, depuis quand est-il permis de se faire justice soit-même? Cette position "officielle" me parait intenable et dangereuse, alors même que les circonstances précises du drame ne sont pas encore déterminées, et font davantage penser à une perte de sang froid qu'à de la légitime défense.
La moindre des prudences dont aurait du faire preuve le ministre de l'intérieur dans cette affaire, eut été de laisser la police et la justice mener l'enquête préliminaire avant toute prise de position, dont les fins uniquement politiciennes n'ont échappé à personne.

14 novembre 2006

Points clés du Programme UMP

Pour lancer le débat et par manque de temps pour en faire beaucoup plus aujourd'hui, je vous livre directement les dispositions clés du programme législatif de l'UMP tel que présenté hier et qui devrait être validé jeudi.

Ces points ont été recensés par le Figaro, on peut donc estimer qu'ils représentent fidèlement les grandes orientations de l'UMP...

Voici les principales mesures du texte de l'UMP.

→ EMPLOI. Contrat de travail unique à droits progressifs ; exoné­ration de charges sur les heures supplémentaires ou les RTT transformées en heures travaillées ; création d'une assurance-salaire et de retour à l'emploi ; participation élargie aux entreprises de moins de 50 salariés ; moralisation des retraites chapeaux et des golden parachutes ; choix de l'âge du départ à la retraite ; création d'un statut de prémajorité permettant aux 16-18 ans de créer ou de diriger une entreprise ; caution de l'État pour les crédits souscrits par les étudiants, les chercheurs et les artisans.

→ SOCIAL. Création d'un service minimum garanti ; abolition du monopole de la représentation syndicale ; suspension des seuils sociaux et fiscaux dans les entreprises ; création d'un droit opposable pour la garde d'enfants et l'accès des handicapés aux services publics ; allocation garde d'enfants ; création d'une branche vieillesse et dépendance de la Sécurité sociale ; création d'un congé de solidarité rémunéré pour l'accompagnement d'une personne âgée en fin de vie ; allongement du congé de maternité pour les deux premiers enfants ; revalorisation des retraites en fonction du temps consacré à l'éducation des enfants ; meilleur remboursement des soins dentaires et optiques ; mise en place du crédit hypothécaire pour favoriser l'accès à la priorité ; activité obligatoire en contrepartie d'un minimum social ; loi d'amnistie civile pour les familles « honnêtes mais surendettées ».

→ ÉCONOMIE. Limitation de la dette publique à 60 % du produit intérieur brut (PIB) en cinq ans ; limitation (non chiffrée) du nombre de fonctionnaires ; rééquilibrage des régimes spéciaux de retraite au regard de la pénibilité des autres métiers ; suppression des droits de donation et de succession pour les petits et moyens patrimoines ; taxes sur les biens importés de pays ne respectant pas les normes environnementale.

→ ÉDUCATION ET FORMATION. Suppression de la carte scolaire ; autonomie des établissements, assortie d'une évaluation consultable par le public ; liberté d'installation pour les établissements privés ; liberté pédagogique des enseignants ; réduction de moitié du nombre d'élèves par classe dans les « zones difficiles » ; intégration sur dossier de 5 % des meilleurs élèves de ces zones dans des classes préparatoires ; création d'un compte-épargne formation individuel rechargeable au cours de la vie professionnelle ; création d'un service civique de six mois ; création d'un contrat d'autonomie donnant droit à un prêt à taux zéro pour les moins de 25 ans qui veulent poursuivre leurs études.

→ IMMIGRATION ET INTÉGRATION. Fixation d'un plafond annuel d'immigration ; traité multilatéral de l'immigration ; instauration de quotas pour les étudiants étrangers ; déduction d'impôts sur les investissements des immigrés dans leur pays d'origine ; généralisation du CV anonyme ; réservation des marchés publics aux entreprises dotées du label « diversité ».

→ INSTITUTIONS. Mandats présidentiels limités à deux ; droit d'adresse directe du chef de l'État au parlement ; gouvernement limité à 15 ministres coordonnés par le premier ministre, avec deux nouveaux portefeuilles majeurs : immigration-intégration et développement durable (intégrant l'équipement, les transports et l'énergie) ; création de deux « conseils stratégiques » auprès du premier ministre (affaires étrangères et défense, et développement durable) ; obligation de démissionner pour les fonctionnaires élus à des postes de responsabilité ; création d'un « référendum abrogatif » permettant à 10 % du corps électoral de demander la suppression d'une loi ; élargissement de la saisine du Conseil constitutionnel aux citoyens.

→ SOCIÉTÉ. Contrat d'union civil signé en mairie ouvrant pour les homosexuels les mêmes droits que le mariage, à l'exception de l'adoption ; parité dans le choix des responsables des entreprises publiques.

Vidéo gag : attention danger

Ce n'est pas au PS que la guerre des vidéos fait rage, mais plutôt sur ce blog. Dans une interview reprise ici-même dans un post récent, Michel Rocard pointe la menace que font peser sur la politique les médias, par leur traitement toujours plus sensationnel et éloigné des questions de fonds.

Plusieurs fois j'implorai mes camarades contributeurs d'éviter cette dérive, malheureusement, je retrouve ici comme ailleurs les effets pernicieux et pervers qui bousillent tranquillement notre démocratie.

1° la forme : on peut s'étonner que des propos tenus par Mme Royal en 2005 (les cantines) puis en janvier et février 2006 (le soutien scolaire lors d'une convention publique du PS sur cette question) n'aient pas retenu en son temps l'attention d'observateurs aussi avisés qu'Hussard Bleu. Il faut que le phénomène internet et son tourbillon médiatique s'en empare pour créer du sensationnel sur des débats pourtant tenus à l'époque en public.
Posez-vous la question du pouvoir de l'image, avec ses dérives, l'intervention de Ségolène est transformée, tronquée, à cause du support qui la diffuse, une vidéo pirate , c'est bien plus excitant.
Avez-vous envie d'un monde ou chacun de vos actes, chacune de vos paroles risquent de se retrouver sur des sites visités par des millions d'internautes qui n'ont rien d'autres à faire que fouiller les poubelles ?

2° Le fond : Concernant l'émission de 2005, Hussard bleu me fait bien rigoler quand il écrit que tous les participants sont atterrés. En effet, oui, Jean-Luc Mélenchon, en l'occurrence partisan du non, semble ne pas approuver Ségolène, mais cela est plutôt rassurant, être d'accord avec Mélenchon n'est pas toujours la preuve d'une bonne santé mentale.
Quant à ses propos sur les cantines, je n'y vois rien de choquant, elle soulève une question intéressante et je pense qu'elle en connaît mieux les enjeux, en tant que présidente de région, que nous tous réunis.

Soyons sérieux maintenant, et j'attends vos réactions et commentaires, amis de droite, sur un sujet plus intéressant pour l'avenir du pays : le programme de l'UMP.
Et oui, il vient de sortir, certes dans l'indifférence générale, vidé de toute substance. Fillon, le copain de Tcharlie, ramait hier pour en présenter les grandes lignes, on eût préféré qu'il en souligne les grandes absences et les grands renoncements (Droits de successions, ISF, 35 heures...) toutes ces belles réformes que la droite appelle en permanence de ses vœux mais qu'elle n'a pas le courage de faire alors qu'elle est au pouvoir depuis cinq longues années.

Alors, lâchez les caméscopes et à vos plumes !

13 novembre 2006

Si quelqu'un peut m'expliquer...

La guerre des videos continue de faire rage au sein du PS. La dernière en date, cette intervention de Ségolène Royal dans l'émission "Mots Croisés" en mai 2005, quelques jours avant le Référendum.

Son discours est hallucinant ! En substance, "si le Non l'emporte, je serai obligée de privatiser les cantines scolaires" ! Tous les autres participants au débat sont attérés...

Jusqu'où ira le n'importe quoi ?

Si vous y comprenez quelque chose, un commentaire s'impose !!!


Michel Rocard : "la pré-campagne médiatique est une forfaiture"

Amis socialistes,

A quelques jours du vote pour l'investitude présidentielle du PS, notre confrère Chien Rouge étant temporairement tenu éloigné de nos débats, il m'a chargé de poster le billet suivant à votre intention.

La revue électronique Sens Public publie un entretien avec Michel Rocard.

http://www.sens-public.org/article.php3?id_article=355

L’ancien Premier ministre, député européen, livre son analyse de la pré-campagne présidentielle 2007. Evoquant la victoire de l'anticipation médiatique sur l'élection politique, il parle de« forfaiture » médiatique, et s'insurge de la faiblesse des partis.

Il commente la décision de Lionel Jospin de ne pas se présenter à la candidature interne au PS, l’attitude de François Hollande au moment du Congrès du Mans, et enfin, souligne sa proximité de pensée avec Dominique Strauss-Kahn.

Au titre des enjeux, Michel Rocard mentionne que selon lui, l’Europe politique est condamnée. Il fait un rapide tour d’horizon de la situation internationale et insiste sur l’enjeu que constitue la régulation du capitalisme. Il évoque la réforme de l’État et accorde son soutien à la loi sur la laïcité. Il s'exprime sur les « jurys populaires » en disant que cette idée est proche de la « stupidité ».

La video qui dérange

Voici le lien direct pour visualiser la video qui a fait couler beaucoup d'encre et de salive ce week-end.

Pour ma part, si ce ne sont pas les propos qui me choquent le plus dans ce document (et encore), c'est surtout la méthode qui me heurte. A ce titre, et cela n'a été relevé par aucun commentateur, le début de l'intervention de Ségolène Royal est édifiant car elle déclare sans sourciller : "J'ai une proposition, je ne vais pas la crier sur tous les toits car je ne veux pas prendre de coup des organisations syndicales enseignantes..."

D'où deux questions :

- Que cache-t-elle d'autre qu'elle ne souhaite pas "crier sur tous les toits" ?
- Où sont le courage politique et la transparence démocratique dans tout ça ?

Drôle de manière de vouloir rénover la politique...



Profs: Ségolène en off
Uploaded by Jules-ferry

Le pavé dans la marre du mammouth

Je vous invite à prendre connaissance des propos de Ségolène Royal tenus devant la Fédération du Maine et Loire le 21 janvier dernier:

http://www.youtube.com/watch?v=eX3bec-sxk0

Elle prône les 35h à l'école, ce qui, pour être probablement excessif compte tenu de la quantité non négligeable d'heures qu'un professeur consciencieux doit déjà consacrer à la préparation de ses cours en dehors des heures de présence dans l'établissement, n'en est pas moins une piste de réflexion très intéressante, et surtout soulève le vrai problème de la conception que l'on se fait de l'école républicaine.

Car celle-ci a pour vocation en théorie d'assurer de manière égalitaire l'accès au savoir pour le plus grand nombre et partant, d'atténuer autant que faire se peut les inévitables inégalités de départ.
L'échec dans ce domaine est patent, et les réflexions de Ségolène Royal ont le mérite de redonner du sens à la notion d'école républicaine.

Que des professeurs de l'enseignement public consacrent une partie de leur temps de travail à donner des cours privés est en effet tout à fait choquant lorsqu'on prend en compte la situation d'échec scolaire dans laquelle se trouvent nombre d'élèves dont les parents n'ont pas les moyens de payer ces cours supplémentaires.
Si il n'est pas possible de mettre à la charge de ces professeurs une obligation de résultat, qu'il soit permis de leur imposer une obligation de moyens, en vertu de laquelle ils doivent mettre en oeuvre les moyens dont ils disposent pour réussir dans leur mission de transmission du savoir au plus grand nombre.
S'ils ont du temps libre, c'est aux élèves en difficulté scolaire qu'il faut qu'ils le consacrent, et non aux élèves en situation d'aisance financière.
Pour ces derniers, il y a justement les établissements privés spécifiques de soutien scolaire qu'elle cite, au sein desquels l'enseignement doit être dispensé par des salariés du secteur privé.

Une fois n'est pas coutume, bravo à Ségolène Royal pour ce pavé dans la marre fort bien venu, on aimerait simplement qu'il soit davantage assumé, même si la composition historique de l'électorat socialiste permet de comprendre la gêne occasionnée par cette diffusion dans les rangs ségolistes.

On méprisera la réaction de Laurent Fabius, qui a cru bon de préciser mesquinement que "ce n'est pas une bonne idée de dire que les enseignants ne travaillent pas", car évidemment, ça n'est en aucun cas ce qu'elle a dit ni le sens de son intervention angevine.

09 novembre 2006

Hommage à l'insolence


Je sais que ce n'est pas nécessairement le meilleur endroit mais je tenais à rendre hommage dans ces colonnes à Bernard Frank qui a quitté la table vendredi dernier, le nez dans son assiette, terrassé par une crise cardiaque alors qu'il dînait avec un ami dans un restaurant parisien.

En bon Hussard, je ne peux m'empêcher d'évoquer son premier acte littéraire dans les pages des "Temps Modernes" de Sartre où en 1952, à 22 ans à peine, il donna naissance au mouvement des Hussards en rassemblant sous cette appellation Nimier, Blondin, Deon et Laurent, tout en les qualifiant de "lurons fascites"! Ceux-ci, avec l'élégance qui les caractérisait et admiratifs de son talent, devaient devenir par la suite ses amis...

Puissent son talent, son audace, son anticonformisme, sa totale liberté lui survivre dans une époque qui en manque cruellement et guider notre démarche au sein de ce blog, car, comme le disait Marc Lambron, « Frank est un tonton flingueur qui rafale au brio mais dépose toujours un oeillet sur le cercueil. »

Noblesse oblige.

Différences mineures?

Nous est-il permis d'évoquer la dernière confrontation passive indirecte des candidats à la candidature, ou Désirdavenir va-t-il encore appeler au musellement de l'opposition à ses idées et ses champions, en parfaite harmonie avec l'esprit des dictatures d'extrême gauche qui caractérise ses derniers posts?

Juste un petit mot pour vous dire ce que vous savez déjà.

J'ai trouvé les journaux bien conciliants dans leurs commentaires de ce dernier "débat".
Faut-il parler de "différences mineures" comme le titrait le quotidien Métro d'hier?

La soirée était consacrée à l'international, l'Europe et l'environnement.

Bref, il s'agissait principalement pour les candidats de démontrer leur stature d'homme ou de femme d'Etat.

Et bien pardon, et contrairement à ce qu'exposait sans ironie Arnaud Montebourg mais avec la parfaite mauvaise foi et l'absence totale de discernement et de mesure qui le caractérisent, Ségolène (et oui encore elle cher Désirdavenir) a démontré s'il en était encore besoin qu'elle n'a pas la capacité d'occuper la fonction à laquelle elle aspire.

Sur le plan international, son défaut total de connaissance du dossier nucléaire iranien fait trembler, à l'heure où l'Iran est une menace à prendre très au sérieux. Est-il opportun de se comporter avec l'Iran de manière excessive afin de rompre toute chance de dialogue et de favoriser ainsi l'adhésion de tout un pays derrière ses dirigeants? Car il est normal que les aspirations de l'Iran à maîtriser la technologie nucléaire militaire paraissent légitimes au peuple iranien, n'en déplaise à Madame Royal, compte tenu tant du contexte politique de la région et de l'attitude irresponsable d'Israël, que de la politique unilatéraliste et pro israélienne des Etats Unis. Il faut éviter à tout prix le développement du nucléaire militaire iranien, certes, mais par la voie diplomatique, et vouloir lui interdire le nucléaire civil est une aberration politique qui non seulement n'a évidemment aucune chance de succès, mais encore aura tout aussi évidemment l'effet inverse de celui escompté, et favorisera bien entendu les aspirations au nucléaire militaire. C'est dramatique d'entendre cela de la part d'un candidat du PS.
Autant sur un plan intérieur ainsi que me le confiait récemment Désirdavenir, il peut être envisagé d'avoir un président dont le charisme et la stature n'égalent pas celui d'un De Gaulle ou d'un Mitterrand, car les intérêts vitaux du pays ne sont pas en jeu directement (mais ils le restent indirectement), autant sur un plan international, et compte tenu du contexte actuel, la stature du chef de l'Etat a une importance majeure et une influence fondamentale sur la crédibilité et le poids du pays dans les instances et relations internationales.
Juste un mot sur la Turquie: si j'ai bien compris, le président sera de l'avis du peuple, mais si les critères sont réunis, alors le président se devra d'être pour, et le peuple de se prononcer après par référendum... Un peu fumeux et contradictoire tout ça.
Sur l'Europe: l'Europe par la preuve??? C'est quoi, si ce n'est des mots?

Autant j'étais très critique sur Fabius qui feint d'avoir perdu la boule en matière de politique économique et sociale interne, autant je serai plus rassuré de le voir aux manettes du pays pour représenter celui-ci et parler en son nom sur la scène internationale.

Globalement, et j'espère que mon ami Désirdavenir me saura gré de cette prise de position positive, ma préférence va bien à DSK, qui malgré ses développements à la Bisounours sur l'égalité des chances (cf dernier post de notre ami précité), me semble être le meilleur candidat possible du parti socialiste, car il présente une réelle crédibilité tant sur un plan national qu'international, la première faisant cruellement défaut à Fabius, tandis que manque à Madame Royal tant l'une que l'autre.

Socialistes, ressaisissez-vous, il est encore temps!

Top Crédibilité

Pour continuer dans la veine initiée par Désirsdavenir, une bien bonne de François Hollande dans les colonnes de Libé avant-hier :

"Nous venons de conclure un accord de candidature commune pour la présidentielle avec le PRG. Je propose la même méthode au MRC. Avec les Verts, nous travaillons à l'élaboration d'un accord programmatique. Avec le PC, nous voulons établir des convergences, et nous respectons son choix de présenter à côté de nous une candidature unique de la gauche antilibérale... même si je suis moi aussi de gauche et antilibéral."

J'ai frisé le fou rire.

C'est la lutte finale...

...Groupons nous et demain, l'Internationaaaale, sera le genre humain !


"Moi je suis pour la taxation de ceux qui ont le plus d'argent. Pas question de supprimer l'impôt sur la fortune, par exemple, mais l'impôt sur les successions c'est différent...
L'égalité des chances, cela consiste à faire en sorte que l'enfant qui naît dans une famille qui n'a pas de patrimoine ait les mêmes chances de réussir qu'un autre"

Olivier Besancenot ? Arlette Laguillier ? José Bové ? Hugo Chavez ? Désirsdavenir?

Et non, Nicolas Sarkozy dans Les Echos. Je me demande finalement si je ne vais pas voter sarko moi, le 16 novembre. Après la rupture avec le chiraquisme, la rupture avec le modèle social français, la rupture avec Cécilia, voici la rupture avec le sarkozysme, et là c'est costaud, rompre avec ses propres convictions pour glaner quelques voix sur sa gauche, chapeau bas.

07 novembre 2006

L'égalité n'existe pas

Le genre de discours dont notre ami Desirsdavenir se fait ici l'écho, et dont il nous rappelle opportunément qu’il remonte au 19ème siècle, est exaspérant. Et il est à mon sens très révélateur de ce qui nous oppose fondamentalement.

A lire DSK, seul le marché produit des inégalités, inégalités si terribles que l’état se doit de les corriger en investissant les deniers publics sur les classes sociales supposées victimes de ces inégalités.

Pour ma part, et je le dis très sereinement, ce que DSK nomme « l’égalité réelle des destins » (sans trop la définir d’ailleurs) et qui est son objectif, n’existe pas.

Qu’il soit du rôle de l’état de mettre à la disposition de tous les mêmes conditions d’éducation, et de favoriser ensuite une promotion sociale non fondée sur les seuls moyens financiers, cela me semble une évidence (encore faut-il pour cela développer une certaine idée de la « méritocratie » à laquelle la Gauche s’est toujours opposée par souci « d’égalitarisme »).

Mais se fixer comme objectif « d’égaliser le capital global de départ en donnant plus de capital public à ceux qui ont moins de capital personnel » (pour des anti « capitalistes », la formulation fait sourire), c’est négliger à mon sens deux points fondamentaux.

Tout d’abord l’influence et le rôle de la cellule familiale. Dans ce domaine la Gauche s’est toujours fourvoyée en confondant enseignement et éducation. Consacrer des moyens gigantesques à l’Education Nationale ne peut que résoudre avec plus ou moins de succès le problème de la formation (je sais lire, compter, écrire sans fautes d’orthographes, etc.) mais en aucun cas celui de l’éducation. Apprendre le respect, la morale, le devoir, l'honneur, les valeurs humanistes, bref, des principes de vie personnelle et en société ne se fait pas à l’école, mais au sein de l'environnement familial. Et ce « capital » là, je ne vois pas comment l’Etat pourrait le distribuer… Ce n’est pas en donnant plus de moyens aux ZEP (même si cela est nécessaire) que nous résoudrons les problèmes d’éducation. C’est d’ailleurs étonnant qu’après un si long exposé, d’une si brillante théorie, si radicalement « émancipatrice », DSK ne trouve comme exemple concret d’application de cette politique que les ZEP ! C’est un peu court non ?

Ensuite, il me semble évident, même si à notre époque du politiquement correct il est de mauvais ton de l’affirmer, que, même en dehors des circonstances matérielles et géographiques, l’égalité des hommes à la naissance n’existe pas. A chacun ses qualités et ses défauts. Nous avons tous, je pense, pu observer que l’humanité était composée de gens intelligents et d’idiots, de beaux et de moches, de débrouillards et d’incapables, de volontaires et de fainéants... Et oui, Desirsdavenir, les cons existent tu peux me croire et ce n’est pas le capitalisme ou l’économie de marché qui les fabrique ! Vouloir à tout pris l’égalitarisme est en ce domaine une absurdité utopique et d’une naïveté confondante.

Et quels sont les critères que retiendra l’Etat pour juger de l’atteinte de ses objectifs d’offrir à tous « l’égalité réelle des destins » ?

Comment juger de la réussite d’une telle politique « d’égalité réelle » ?

Quand il n’y aura plus d’ouvriers ? Que nous serons tous cadres sup ? Que nous habiterons tous à Neuilly ? Que toutes nos femmes ressembleront à Kate Moss ? Que nous serons tous assujettis à l’ISF ? Que nous roulerons tous en Porsche ? Que nous aurons tous le Goncourt ?

En conclusion, oui, je souscris entièrement à ce que DSK cite de Bourdieu : « Si vous ne réussissez pas alors que la société vous a donné les mêmes droits, les mêmes opportunités, c’est de votre responsabilité individuelle. »

Et c’est là encore une de nos grandes différences de valeurs…

Patron, c'est ma tournée !

En dépit de mes appels répétés, mes compagnons de blog persistent en s'attardant sur des questions accessoires, mais souvent orientées, dont la prédominence dans les médias dits traditionnels nous incita, à l'origine, à créer France Politique afin de modestement apporter notre contribution au débat ou attirer l'attention sur un article de fonds.
La politique prise par le petit bout de la lorgnette, nous semblait-il, occupait déja un espace suffisament important pour qu'on ne lui accordât pas de crédit supplémentaire ici-même.

Ainsi, et je m'adresse aux nouveaux lecteurs, la vocation de France Politique n'était pas, dans un premier temps, de reproduire par écrit les différentes opinions anisées déblatérées à l'heure de l'apéro dans le bistrot du coin. Oui, pour reprendre les derniers posts, il existe un jeu entre les différents responsables politiques pour occuper des places, cela n'est guère nouveau, mais surtout, cela ne mérite pas de retenir notre attention.

Alors, pour ne pas décourager les nouveaux inscrits qui pourraient se montrer déçus par la teneur des débats, je vous invite à lire, et à réagir, à des extraits d'une tribune publiée par DSK.
Son socialisme d'émancipation définit parfaitement les valeurs que doit porter, à mon sens, la gauche réformatrice.
J'attire particulièrement votre attention sur le passage concernant les inégalités à la naissance, et les moyens de les réduire en les prenant à la racine, car sinon"les dés sont pipés au départ", c'est mon cheval de bataille depuis les émeutes en banlieue l'an passé :



La préservation du modèle social français face aux attaques du capitalisme moderne passe par de nouveaux modes d’action pour la gauche – le « socialisme de l’émancipation ».

Réparation et prévention

L’essentiel de notre action socialiste repose jusqu’ici sur la réparation : on laisse le capitalisme produire des inégalités, et on les corrige a posteriori par la redistribution. On répare après coup les dégâts provoqués par le marché.

La réparation doit rester au cœur de notre action. Ce n’est pas au moment où le capitalisme produit plus d’inégalités que nous devons baisser la garde ! Au contraire, nous devons renforcer les mécanismes correctifs – ce qui signifie notamment une réforme fiscale de grande ampleur visant à une plus grande progressivité du système fiscal.

Mais la réparation ne suffit plus. L’Etat-providence est débordé par la prolifération des inégalités de marché. Son action redistributive est contrainte dans la mondialisation. Par ailleurs, le modèle de la réparation ne permet pas de faire droit aux aspirations nouvelles des citoyens, qui réclament dorénavant la mise en œuvre de politiques préventives. C’est ainsi qu’ils ne se contentent plus des filets de sécurité ; ils veulent que leur soient donnés les moyens de réussir.

C’est pourquoi le socialisme ne doit plus seulement corriger a posteriori les désordres de l’activité humaine, il doit tenter d’empêcher leur apparition. Pour cela, il doit les attaquer à la racine. Au sein du système productif : en cela il renoue avec le « socialisme de la production » du 19ème siècle, celui des luttes sociales dans l’entreprise. Il faut aller remettre les mains dans la machine capitaliste, afin d’en assurer une meilleure régulation – dans la répartition de la valeur ajoutée, la distribution de la masse salariale, la protection des salariés…

Mais il faut aussi attaquer les inégalités en amont du système productif, au sein de la société. Car les inégalités sécrétées par le marché sont aussi la traduction, financière et professionnelle, d’inégalités de départ dans la société. Celles-ci surdéterminent les destins individuels : les dés sont pipés dès le départ. Selon que l’on naît à Neuilly, Montreuil ou Vaulx-en-Velin, les jeux sont souvent faits d’avance, les destins largement scellés. Pour casser cette fatalité, le socialisme doit opérer une « révolution copernicienne ». Nous avons jusqu’ici promu l’égalité formelle des droits. C’était nécessaire, puisque la société reposait sur l’inégalité juridique. « Donner les mêmes droits à tous » ne permet pas de corriger les inégalités de départ : ajouter un capital public identique à du capital personnel inégalitaire aboutit à un capital global de départ inégalitaire. Pire, Pierre Bourdieu l’indiquait déjà, cette attitude légitime les inégalités : « si vous ne réussissez pas alors que la société vous a donné les mêmes droits, les mêmes opportunités, c’est de votre responsabilité individuelle ». L’égalité réelle des destins et non l’égalité formelle des chances doit être notre nouvelle doctrine. Elle repose sur une nouvelle méthode : la concentration des moyens publics. « Donner plus à ceux qui ont moins » : tel doit être le principe de notre action. Plus de capital public à ceux qui ont moins de capital personnel, afin d’égaliser le capital global de départ.

De l’égalité formelle à l’égalité réelle

Sur quelles bases concentrer les moyens publics ? Il ne s’agit pas de forme de discrimination positive. La marche vers l’égalité réelle ne doit pas se faire selon le modèle américain, sur des bases ethniques ou religieuses qui sont absolument contraires à notre tradition. Elle doit se faire sur des bases républicaines. Il faut combattre les discriminations négatives.

Puisque la clé de lecture principale des inégalités est la ségrégation géographique, alors le ciblage territorial est une bonne approche pour concentrer les moyens sur ceux qui en ont besoin. Les zones d’éducation prioritaire (ZEP) en ont été un exemple. Leur succès mitigé est dû à la faiblesse de leurs moyens et à leur trop grand saupoudrage : les ressources consacrées à un élève de ZEP sont seulement de 7 % supérieures à un élève hors ZEP – contre 100 %, par exemple, aux Pays-Bas. Cela milite non pas pour l’abandon mais au contraire pour un renforcement massif des moyens dédiés à des ZEP recentrées sur les quartiers les plus difficiles. La taille des classes en est le meilleur instrument. Ainsi, la diminution de la taille des classes de ZEP de 22, comme c’est le cas actuellement, à 18 réduirait de 40 % l’écart de performances au CE1 entre élèves de ZEP et hors ZEP. Cette diminution de taille pourrait d’ailleurs se faire à budget constant, par redéploiement des enseignants, avec un impact faible sur les effectifs hors ZEP (qui passeraient de 23 à 24 en moyenne).

Le socialisme de l’émancipation dispose d’un potentiel de réforme très important. Il s’intéresse aux conditions de réussite sociale des citoyens, jusqu’ici cantonnées pour l’essentiel au principe de l’égalité formelle. Il concerne notamment la petite enfance, l’éducation, le logement, l’urbanisme, la santé. Il vise à redonner à chacun la maîtrise de son destin.

06 novembre 2006

LO et la LCR en panne de signatures

Visiblement la stratégie du Parti Socialiste, qui cet été, par l'intermédiaire d'un courrier signé François Hollande, a intimé l'ordre à tous les élus socialistes de ne pas donner leur signature à un autre candidat que celui de leur parti, est en train de porter ses fruits.

Déjà, dans le courant du mois d'août, Arlette Laguiller (LO) avait écrit une lettre ouverte à Olivier Besancenot (LCR) n'excluant pas d'appeler à le soutenir si d'aventure elle ne parvenait pas à réunir les 500 signatures nécessaires à sa candidature. Début novembre, elle est toujours loin du compte. Elle a cependant précisé que certains élus attendaient la désignation du candidat socialiste pour éventuellement lui donner leur signature.

De son côté, Olivier Besancenot râme aussi. Avec à peine 200 signatures obtenues, la candidature du facteur trotskiste n'est toujours pas assurée, loin s'en faut. A tel point que son site de campagne (http://besancenot2007.org/) s'ouvre désormais sur un appel à l'aide afin que toute personne susceptible d'obtenir une signature d'élu prenne directement contact avec la LCR (il y a même un numéro de téléphone dédié). Enfin, au cas où un égaré socialiste entendrait le message, la LCR de précisier : "Cette signature ne constitue en aucun cas un soutien politique au candidat concerné mais une simple caution administrative à caractère démocratique." J'avoue ne pas bien comprendre le concept de "caution administrative à caractère démocratique" mais bon, je ne maîtrise pas toutes les subtilités de la dialectique trotskiste...

Big Sister

Une vision bien flippante pour tous ceux qui regrettent que l'image prenne désormais le pas sur les idées dans le débat politique actuel.

Le site internet des "jeunes avec Ségolène" publie la Ségo-Mosaïque que je vous laisse découvrir ici :

http://www.segosphere.net/cs/mosaique

Un peu oppressant non ? Mais terriblement révélateur !

Sacré Jack!

Grand moment hier soir à l'occasion du passage de notre ami Jack Lang (ce qui je vous le concède est toujours en soi un grand moment) sur TF1.

Ayant laissé la France orpheline de sa candidature à l'investiture de son parti au début du mois d'octobre malgré le formidable engouement que celle-ci suscitait, de l'aveu même de l'ex-futur-candidat-que-rien-ni-personne-n'arrêterait, au sein de la jeunesse vigoureuse du pays, laquelle se retrouvant dès lors totalement désappointée à l'idée qu'elle ne serait pas dirigée à l'avenir par celui qui incarnait si bien son passé, le beau Jack nous a laissé dans un insoutenable suspens pendant plus d'un mois.

Mais voilà, hier soir, il nous a libéré: pour lui, c'est elle.
La qualité de sa motivation laisse à penser dans un premier temps que l'intérieur de ce juriste hors pair est peut-être aussi abimé que l'extérieur:

1. C'est elle parce que seule elle est capable de rassembler la majorité des socialistes dès le premier tour de l'élection interne. Mais alors cher Jack, si ça avait été DSK qui avait été en position de force, c'est à lui que vous vous seriez rallié? Sont-ce donc à ce point les sondages qui gouvernent votre formidable et inébranlable conviction?

2. C'est elle car elle a les mêmes valeurs que lui. Mais alors on ne comprend plus les raisons de votre ex-future-candidature-que rien-ni-personne-ne-pourrait-jamais-arrêter? Et n'étiez-vous pas en son temps l'un des amis les plus proches de Fabius? Et quelles sont ces valeurs dont il se sent si proche et qui différeraient de celles de DSK, dont la ligne politique est pourtant bien proche de celle de Madame? On n'ose songer à la démagogie, notion étrangère à Jack comme à sa nouvelle possible future patronne.

3. Enfin, il est tout heureux de nous annoncer l'argument le plus déterminant à ses yeux: c'est elle parce que c'est une femme. En voilà un bel argument... No comment.

Bref, du vent en trois volets, c'est bien du Jack.

Il a juste oublié de nous dire quel ministère lui a promis François Hollande au début du mois d'octobre. A en croire les rumeurs dont il faut je vous l'accorde se méfier, ce serait le Quai d'Orsay.

Mais ça, c'est le quatrième et dernier acte du numéro qu'il nous joue depuis l'annonce de sa candidature.

Quand on vous dit que la politique est affaire de professionnel.

02 novembre 2006

Ni pour ni pour, bien au contraire

Feu sur Ségo ! Haro sur la Royal !!!

Attention, mes chers amis, France Politique va finir par ressembler à un vieux 33 tours rayé qui radote le même morceau au risque de lasser. Voilà un an que je lis les mêmes remarques de mes camarades Hussard Bleu et Horrible Tcharlie qui mettent leur admirable plume au service d'une entreprise de démolition.

J'ai dénoncé à de nombreuses reprises cette obsession par le passé, regrettant que vous n'eussiez pas d'autres ambitions que celle de vous acharner sur la même cible. En effet, ce blog gagnerait en intérêt et diversité si les intervenants de sensibilité de droite, largement représentés ici, prennaient position non pas contre mais pour.

Certes, l'exercice revêt des difficultés, la critique est plus facile, surtout pour qui manie l'art du sophisme et ne redoute pas l'usage de la mauvaise foi. Soutenir, proposer, défendre, voilà qui est bien plus compliqué. Pourtant, amis de droite, je vous en crois capable, oui, vous aussi vous pouvez élaborez des propositions constructives, réfléchir à un projet de société, enfin nourrir le débat d'arguments pour et non pas toujours de critiques contre.

A force de n'être que contre, toujours contre, systématiquement contre, je vais finir par croire que la droite, incapable de développer ses propres idées, n'existe qu'en s'opposant à la gauche.

Alors, Horrible, Hussard, Dirty, HenriHirt et les autres, je vous en conjure, la politique c'est avant tout cela, prenez position diantre, pour quelqu'un ou quelque chose, prononcez-vous, et qui sait, avec le talent dont je vous sais capable, peut-être ramenerez-vous la brebis égarée que je suis dans le droit chemin des idées conservatrices.

De la démocratie d'opinion à la démocratie participative

Au mois de juin dernier, je m'insurgeais contre Désirdavenir, qui croyait bon de nous adresser un article de Jean-Louis Andréani nous offrant une vision totalement passéiste et marxiste des clivages de notre société.

L'été a passé, et les idées d'Andréani se sont éclaircies, peut-être après un petit passage salvateur sur notre blog qui lui aurait fait prendre conscience de ses errements.

Je vous adresse donc aujourd'hui un article du même Andréani publié dans le Monde daté d'hier et qui m'a paru fort à propos, en plein débat sur la démocratie participative.


Mme Royal et la démocratie d'opinion


La méthode Royal est-elle susceptible, ou non, de rapprocher les citoyens de la politique ? C'est l'une des principales questions soulevées par le phénomène qu'a réussi à créer autour d'elle la présidente du Parti socialiste de Poitou-Charentes. La favorite des sondages au sein du PS affiche une volonté très claire de réduire le fossé entre la population et ses élus, de faire reculer un scepticisme qui mine la démocratie et qui avait provoqué, notamment, l'horreur politique du 21 avril 2002.

L'objectif avoué est louable. Eriger au rang de priorité la réduction de la fracture entre le " peuple " et ses élites aurait dû inspirer les dirigeants des différents partis, en particulier le PS, bien avant que Mme Royal ne s'en empare. Etre à l'écoute de la population, en particulier de celle qui souffre, restaurer l'espoir des moins favorisés, rompre le splendide isolement des palais nationaux, sortir d'un moule intellectuel qui peut pousser à la cécité politique est urgent.

De tous ces points de vue, la volonté de valoriser la " démocratie participative " n'a rien de critiquable en soi. Associer davantage les citoyens à la gestion locale est une idée ancienne, prônée par exemple par le mouvement des groupes d'action municipale (GAM), qui avait servi de laboratoire politique à la gauche dans les années 1960 et 1970. Plus récemment, le gouvernement de la gauche plurielle avait fait voter la loi du 27 février 2002 sur la " démocratie de proximité ", qui explore cette même voie en créant des " conseils de quartier " dans les villes de plus de 80 000 habitants.

Mais jusqu'où faut-il étendre le champ de la démocratie participative ? Est-il souhaitable de donner davantage de pouvoirs aux instances à travers lesquelles elle s'exprime ? Faut-il bousculer les élus qui ont parfois des réticences face à de tels contre-pouvoirs ? Jusqu'à quel point la démocratie participative peut-elle " changer la vie " ? Ces débats sont permanents et légitimes.

Le problème soulevé par le phénomène Royal n'est pas là. La candidate potentielle a une façon de présenter les choses qui crée une ambiguïté, voire une sensation de malaise, et qui explique que ses adversaires, de droite comme de gauche - qui cherchent évidemment le défaut de la cuirasse -, puissent la taxer de populisme et de démagogie, en trouvant un écho dans une partie de l'opinion et des militants socialistes.

Ce serait faire injure à Mme Royal de penser qu'elle ne maîtrise pas son vocabulaire. Or celui qu'elle emploie n'est pas neutre. Lorsqu'elle utilise des termes comme " jury ", " surveillance populaire " (avant de les abandonner devant les critiques qu'ils provoquent) ; quand elle accuse ses adversaires d'avoir " peur du peuple ", ou de prétendre que " tout va bien ", elle ne contribue pas à dissiper la défiance à l'égard du personnel politique. Au contraire, elle l'entretient, la justifie, qu'elle le veuille ou non. Autant dire que ce n'est sans doute pas la meilleure manière de s'y prendre pour restaurer l'image du politique.

Longtemps, la désacralisation de la politique en France a semblé relever de l'urgence. Les sarcasmes contre cette République " monarchique " allaient de pair avec la revendication d'un Etat et d'une politique devenus plus " modestes ", gage d'un fonctionnement plus démocratique et d'une meilleure proximité avec le citoyen. On tombe aujourd'hui d'un excès dans l'autre, en faisant des élus des personnages assez peu fiables pour n'être autorisés à agir qu'avec l'aval explicite et sous la surveillance constante, jusqu'au sein du conseil des ministres, de leurs électeurs.

L'approche politique de Mme Royal pose aussi la question du rapport à l'opinion et à ses fluctuations. Ségolène Royal est populaire au PS parce qu'elle est en tête des sondages d'opinion. Et elle doit ce résultat, en bonne partie, au fait de coller aux tendances dégagées par les sondages thématiques, sur les questions qui préoccupent le pays. Autrement dit, la boucle est bouclée : les sondages mènent le jeu.

Cela fait longtemps qu'ils tiennent une place importante dans le paysage politique, et ceux qui affirment s'en moquer sont souvent les premiers à les éplucher avec un soin obsessionnel. Au demeurant, la prise en compte de l'opinion est aussi un élément de modernisation de la démocratie, et il est difficile de gouverner durablement contre elle. Mais un nouveau pas est franchi, avec toutes les inquiétudes que peut soulever cette évolution.


RENVERSER LES RÉSULTATS


Lorsque Mme Royal explique que, sur la Turquie, son opinion sera celle du peuple, elle tourne le dos à l'idée selon laquelle l'homme, ou la femme, politique était supposé (e) être élu (e) à partir de convictions qu'il (elle) a su défendre avec assez de force pour les faire partager. L'exemple de la peine de mort, abolie par la gauche contre tous les sondages et qui suscite maintenant un large consensus, a été cité à de multiples reprises, mais il conserve sa valeur.

Il est bien sûr permis de défendre une conception inverse de celle illustrée alors par l'initiative de François Mitterrand sur le châtiment suprême. Il est plus difficile de prétendre qu'elle restaure la légitimité du politique. En poussant le raisonnement à ses limites, autant vaudrait déterminer quel est le meilleur institut de sondages, puis décider que son directeur deviendra président, avec pour mission de mettre en oeuvre une politique inspirée des réponses à des questionnaires judicieusement établis et soumis à un échantillon représentatif de la population...

Outre les objections de principe, la faisabilité de ce type de gouvernement est elle-même incertaine. Tous les sondeurs et les politiques savent que l'opinion est versatile, qu'elle peut être convaincue à force de pédagogie ou intoxiquée à coups de désinformations. Les sondages peuvent se tromper, être contradictoires.

Laurent Fabius avait fait un jour la démonstration, à la télévision (lors de l'émission " L'heure de vérité " d'Antenne 2 en décembre 1987), qu'on peut renverser les résultats d'un sondage en quelques minutes, rien qu'en changeant de ton... Et Michel Rocard, qui fut le premier dirigeant à théoriser les rapports entre l'opinion et le politique, souligne aujourd'hui, après avoir passé trois ans à Matignon, que gouverner au sondage relève de l'impossible.

Dans un ouvrage qui survole six siècles de crises, voire d'effondrements français (Le Phénix français, Flammarion, 18 euros), le journaliste Georges Valance souligne que le pays, à chaque fois, a repris pied grâce à une impulsion forte, donnée par un personnage politique déterminé, qui ne craint pas de prendre des risques. L'inverse, en somme, d'un mode de gouvernement à la godille, qui ferait de l'image et de l'écoute des sondages sa principale force.

JEAN-LOUIS ANDREANI

Ségolène... la plus crédible... en énormités

France Politique

Je ne peux m'empêcher de porter à votre connaissance ce fameux petit encart paru dans la revue Challenges du 26 octobre dernier, qui en dit long sur celle qui paraîtrait, en matière économique et sociale, la plus crédible:

"Ségolène n'a pas assez révisé son polycopié d'éco

Franche rigolade parmi les professeurs d'économie qui ont écouté Ségolène Royal à l'occasion du débat télévisé des trois candidats socialistes avant-hier soir, sur le thème de l'économie. Ce matin, quelques uns de leurs forums sur Internet allument la présidente de la région Poitou-Charentes.
L'objet de leur émoi? Ségolène Royal a asséné une énormité en disant avec une belle assurance que: "la croissance de la valeur ajoutée, c'est la production moins les charges". Heureusement que le professeur Strauss-Kahn n'avait pas le droit de la corriger en public!
Tous les manuels d'économie enseignent que la valeur ajoutée, c'est la production diminuée des matières ajoutées au produit, ce que les économistes appellent les "consommations intermédiaires". En reléguant les charges, c'est-à-dire les salaires, dans la catégorie des matières premières, elle a commis une grosse bourde, car c'est l'approche des ultra-libéraux, qui prônent la réduction des salaires pour augmenter les profits! Alors qu'elle voulait démontrer, au contraire -comme l'indiquait la suite de son exposé-, que "la valeur ajoutée peut augmenter sur le plan économique mais détruire de la valeur sociale".
Un professeur d'économie de la banlieue parisienne nous raconte que ses élèves de première l'ont interrogé sur cette énormité dès le lendemain du débat. Qui a dit que la formation économiques des lycéens laissait à désirer?"

C'est finalement plutôt rassurant de constater qu'elle ne comprend pas ce qu'elle dit...

 
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