Site de débat d'idées, animé par des blogueurs de toutes tendances politiques, France Politique est le lieu où s'échangent et s'affrontent les opinions, les réflexions et les convictions les plus diverses.

23 décembre 2006

Bientôt Noël.

Avant de poster ce texte, je souhaitais faire une trêve dans nos échanges politiques et simplement vous souhaiter de passer de très bonnes fêtes de noël.
Mais décidement voilà que l'actualité nous rattrape et que, parait-il, il n'est plus correct de faire mention du mot Noël.

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-848534,0.html

Tant pis, et même si c'est la dernière fois que cela possible, bon Noël à tous !

21 décembre 2006

Ségolène impose sa loi aux médias

Lu dans Challenges début décembre : "Ségolène Royal refuse de participer à un "A vous de juger" (France 2) de trois heures comme celui de Nicolas Sarkozy. Elle veut une émission d'une heure et quart et ne souhaite discuter qu'avec des citoyens".

Cela rappelle bien évidemment l'âpreté avec laquelle les communicants de Ségolène avaient discuté l'organisation des débats des primaires ou le refus de la candidate socialiste de débattre avec les Jeunes Socialistes à la Rochelle ; Ségolène souhaite avant tout maîtriser le plus possible son image, sa communication, imposer des formats, ses interlocuteurs.

Personnellement, je me demande si je suis plus choqué par les exigences de la Madone (dont on sait à la fois son "autocratisme" et son goût pour la communication) ou la lâcheté des médias qui s'y plient...

20 décembre 2006

Bas les masques!

Et bien voilà, petite fraise des bois en est sorti en sa qualité de potentiel futur grand argentier de France, et nous a donc livré ses recettes pour encourager la croissance, favoriser l’emploi et décourager l’exil des nantis, futurs nantis et jeunes talents.

Le résultat est sans ambiguïté : en cas d’accession de Royal à l’Elysée (glououououppppss…. pardon, je m’étrangle), la politique économique et fiscale sera orientée à gauche toute.

Jugez plutôt, au menu :

-remise en cause de toutes les baisses d’impôt accordées sur les tranches supérieures du barème, alors que les classes moyennes supérieures sont étranglées par le poids de l’impôt et les classes supérieures n’ont de cesse de fuir proposer leurs talents professionnels et leurs capitaux à l’étranger.

-ISF : suppression du bouclier fiscal. Pourquoi ? Car l’exil de Johnny démontre son inefficacité. Le raisonnement laisse perplexe, et je reste dans l’attente d’une réaction objective et éclairée de notre ami Désirsdavenir qui dans son dernier post à l’occasion d’un éclair de lucidité se prononçait favorablement sur cette disposition. Que l’ISF soit maintenu, cela paraît équitable, mais sans bouclier fiscal, ce sont ses effets pervers qui deviennent prépondérants.

Monsieur Hollande parle d’une réforme de l’ISF qui ne favorisera pas l’évasion, mais sans naturellement s’aventurer sur le terrain glissant de l’explication de l’inexplicable, puisque absence de bouclier et évasion vont nécessairement de paire.

Concernant la résidence principale, il n’est pour lui pas question de l’exclure de l’assiette de l’ISF, car alors cela ajouterait un avantage fiscal à une plus-value latente, ce qui ferait double avantage… Ce qui signifie donc imposer de manière ferme une plus-value qui n’est que latente. Le raisonnement a le mérite de la clarté au plan idéologique.

-Transmission des entreprises familiales dont il souhaite empêcher le rachat par des fonds étrangers… Aucune nouveauté dans tout cela, Renaud Dutreil a mené une politique remarquable et très active en la matière, en favorisant justement la conclusion de pactes d’actionnaires qui, sous réserve de respecter des engagements de conservation, permettent l’exonération partielle d’ISF sur des titres de société qui ne pourraient être qualifiés de biens professionnels, ou encore la réduction de l’assiette des droits de mutation au quart de la valeur de l’entreprise transmise par donation pour éviter que sa transmission ne s’accompagne de son démantèlement.
Monsieur Hollande semble exclure toute réduction des droits de mutation, leur substantielle réduction voire suppression étant l’une des mesures phares du projet UMP.

-Aucune baisse du niveau des prélèvements obligatoires, qui sont pourtant un frein à la consommation et à l’embauche.

Mais Monsieur petite blague ne manque pas d’ambition, et n’entend pas seulement revenir sur les baisses d’impôts :

-il promet la création d’un impôt nouveau : la CSG retraite, assise sur l’intégralité de la richesse produite ! On en attend avec impatience les détails, mais l’assiette envisagée nous promet déjà de jolies recettes qui viendront utilement compenser la soustraction à l’impôt de capitaux fuyant l’accroissement d’une pression fiscale déjà excessive pour les gros patrimoines.

-Pas touche aux régimes spéciaux, pourtant exorbitants d’avantages financés par tous pour quelques privilégiés.

-Suppression des avantages fiscaux liés aux stock-options, afin de décourager l’actionnariat salarié. Très révélateur de la mentalité extrême gauchisante de Monsieur Hollande.

-Abrogation du CNE, et création d’une taxe supplémentaire sur les licenciements, afin de rigidifier encore un peu plus notre droit social et s’assurer de la délocalisation des entrepreneurs dont la fibre patriotique aurait retardé l’exil, lequel va devenir la condition de la survie de nombre d’entreprises.

Et pour mettre cette belle partition en musique, retour à la bonne vieille méthode du plan des années florissantes de l’URSS.

Monsieur petite blague ne plaisantait donc pas quand il choisissait sans hésiter Besancenot face à tout candidat de droite.

Par contre, on comprend moins bien à lire ce programme les divergences qui ont pu exister entre Hollande et Fabius.

Hollande nous rassure, le PS et sa candidate sont bien de gauche, et d’une gauche plus mélenchonne que sociale-démocrate, on l’aura compris.

19 décembre 2006

Nicolas Sarkozy à Ripostes

Pour un peu de publicité comparative, la même émission recevait Nicolas Sarkozy la semaine précédente :

Ségolène Royal à Ripostes

Pour ceux qui n'auraient pas vu le numéro de Ripostes de ce week-end qui accueillait Ségolène Royal, voici l'émission. De quoi vous faire une idée et donner votre avis...

18 décembre 2006

L'Argent

Tu sembles, cher Julien, être féru d'Histoire mais ta lecture partisane, petit travers dont je souffre sans doute aussi parfois, te conduit à développer des théories contestables pour le moins.
Tes vitupérations, proférées au nom d'une rupture avec le politiquement correct, à l'encontre des "biens pensants" ou des "néo-humanistes", relèvent d'une idéologie que l'on connaît que trop bien, et qui consiste à stigmatiser toujours les mêmes responsables supposés de tous nos maux : les immigrés, les fonctionnaires et les chômeurs.

Ainsi, ta manière simplificatrice d'opposer les partants, de brillants français et les entrants, des "étrangers qui profitent des aides sociales payées par ceux qui restent" démontre qu'en matière d'Histoire, tu as sauté quelques chapitres.
Je ne te fais pas l'offense de citer ici les noms illustres de tous les étrangers que la France accueillit tout au long de son histoire et qui contribuèrent amplement à sa grandeur.
Passé ce préambule, on est en droit de juger que notre capacité d'accueil se réduit et que la France ne peut plus se permettre une immigration massive, ce que je reconnais bien volontiers. Il existe un juste milieu, et au nom d'une tradition humaniste séculaire, la France se doit néanmoins de participer, comme les autres pays occidentaux, au sauvetage d'une partie de ceux qui fuient leurs pays pour ne pas y mourir de faim.

Concernant les chômeurs, nul n'ignore que certains, une minorité, profitent du système d'allocations mais faut-il pour autant le supprimer en stigmatisant l'ensemble de ceux qui cherchent réellement un emploi sans succès ?

Pour les fonctionnaires, bien sûr qu'une réduction des effectifs est souhaitable dans certains services, mais que dire de tous ceux qui, par vocation ou sens civique, choisissent de rejoindre l'enseignement, la santé, le service de l'Etat, après de longues études, pour embrasser des carrières pénibles aux salaires bien moindres que dans le privé.
Pour tous ceux là, oui, l'argent n'est pas le seul guide, le seul objectif, la valeur suprême.

Alors, en comparaison, les soucis financiers de Johnny Hallyday semblent dérisoires, mais finalement, je le plains, car sa cupidité doit lui rendre la vie bien difficile et seuls le cachet d'une pub pour lunettes ou la sortie d'un best off semblent en mesure de soulager ses maux.
La droite a voté une loi plafonnant le taux d'imposition à 60% des revenus (IR, ISF, impôts fonciers…) qui me paraît juste, l'impôt ne doit pas sanctionner mais contribuer dans des proportions raisonnables à la répartition des richesses. Mais celle-ci, pas plus qu'une autre de plus grande ampleur, ne saura retenir ceux pour qui l'argent est une fin en soi, au détriment de certains principes ou valeurs qui font aussi la richesse d'une vie.

16 décembre 2006

Johnny Hallyday ...et les autres

On sait donc que Johnny Hallyday va partir vivre en Suisse (après une tentative ratée de récupérer la nationalité belge de son père) pour payer moins d'impôt qu'en France. Ce fait divers qui fait couler beaucoup d'encre m'inspire au moins trois réflexions :

a) contrairement à ce qui a beaucoup été dit, la Confédération Helvétique n'est pas un paradis fiscal à la solde de capitalistes étrangleurs du peuple. Le système fiscal suisse comprend en effet un impôt sur la fortune (qui varie suivant les cantons et qui s'applique quasiment dès le premier franc, le taux appliqué étant de 0,34% contre 0, 55 % à 1.8% en France), un impôt sur le revenu calculé lui aussi à un taux plus faible que chez nous et une TVA à 7,6%.

b) on voit bien que ce qui différencie les systèmes fiscaux suisse et français, ce n'est pas la nature de l'imposition mais au contraire la pression qui s'exerce sur les contribuables. En Suisse, cette pression est moindre qu'en France, les recettes fiscales y sont donc -toutes choses égales par ailleurs-moins élevées et pourtant la Suisse s'en sort bien mieux !

c) en France, nos bonnes consciences parlent beaucoup de ceux qui partent et qui seraient des traitres à clouer au pilori, mais parlent plus difficilement de ceux qui rentrent. Le problème c'est que les partants sont en général des français qui ont un fort potentiel dans leur domaine (industriels, sportifs, artistes, etc...) alors que les rentrants sont des étrangers qui en grande majorité viennent profiter des aides sociales payées par ceux qui restent. C'est pourtant simple à comprendre mais nous touchons là à un sujet tabou. Chut, taisez vous bonnes gens, passez votre chemin !!!

15 décembre 2006

Pascal Sevran raciste ?

Depuis le 6 décembre dernier, Pascal Sevran est mis au ban de la bonne société droitdelhommiste pour avoir déclaré au quotidien Var Matin, à propos de la famine en Afrique, « il faudrait stériliser la moitié de la planète » et confirmé ce qu'il a écrit dans son dernier livre : « la bite des noirs est responsable de la famine en Afrique »... Il est aujourd’hui poursuivi en justice « pour ses déclarations ouvertement racistes, et pour avoir fait un éloge clair de l’eugénisme » et menacé d'exclusion de la TV française.

Les propos de Pascal Sevran manquent certes de finesse dans l’expression. Mais qu’a voulu-t-il dire sur le fond sinon qu’un surplus de population appauvrit un pays plutôt qu’il ne l’enrichit et que, dans certains cas, il est souhaitable de réduire les naissances ? Une politique mise clairement en application à grande échelle par la Chine communiste (avec la politique de l’enfant unique) et l’Inde socialiste d’Indira Gandhi !

Quant à l’eugénisme, si les propos de Pascal Sevran en constituent l’éloge, alors il faut les condamner. Mais au préalable, ne serait-il pas juste de condamner de manière forte et d’assigner devant le TPI aussi bien les USA dont au moins 19 Etats américains disposaient encore en 1985 de lois qui permettaient la stérilisation des individus ayant un retard mental (on peut citer l’Arkansas, le Colorado, la Georgie, le Minnesota, le Mississipi, la Caroline du Nord et du Sud, le Vermont, l’Utah et le Montana) que les pays sociaux-démocrates de l’Europe du Nord qui le pratiquèrent sans honte ou encore Israël dont le quotidien Haaretz a révélé, il y a peu, l’importance de la pratique de l’eugénisme sioniste dans le yishuv des années trente. N’oublions pas enfin, en cette heure où l’on reparle de lui, de condamner Salvador Allende -cette icône de la gauche la plus respectable et la plus humaniste- qui fut, dans sa jeunesse, un propagandiste de l’eugénisme au Chili.

La déclaration de Pascal Sevran, d’une grande banalité, n’aurait du être qu’un non évènement. Mais c’était sans compter sur le parti pris du groupe des bien-pensants qui ne jugent jamais les idées sur leur contenu mais selon les dogmes du prêt-à-penser néo-humaniste et en fonction des positions partisanes de leurs auteurs. Ah Pascal que n’es-tu resté fidèle à tes ascensions de la roche de Solutré !!!

Les dossiers de Georges Frèche

Mais qu'ont-ils tous en ce moment les héritiers du mitterrandisme ? Entre Pascal Sevran qui veut stériliser la moitié de l'Afrique et Georges Frèche qui voit beaucoup trop de blacks dans les bleus, la tolérance ne semble plus être très à la mode dans leurs rangs.

Bien sûr le Parti Socialiste a désavoué les propos de M. Frèche mais l'affaire n'est pas allée plus loin. Alors même qu'il avait il y a quelques mois traité les Harkis de sous-hommes, qu'il avait été l'un des rares au PS à regretter publiquement que l'on revienne sur la loi portant sur le "rôle positif de la colonisation", le Président du Conseil Régional du Languedoc-Roussillon occupe de nouveau le devant de la scène par ses propos extrémistes et ceci sans craindre l'exclusion.

Comment les dirigeants socialistes peuvent-ils donc tolérer un tel trublion dans leur camp ? L'explication est simple et elle s'appelle le "chantage".

Le 21 novembre dernier, alors que le Conseil National du PS devait statuer sur d'éventuelles sanctions, M. Frèche s'exprimait devant la presse à Montpellier :

"A Paris, (...) il y en a un certain nombre, de plus en plus, qui veulent ma peau depuis toujours, parce que je suis un type qui n'est pas dans la norme. (...) Je dis ce que je pense, et ça les gêne et surtout parce que j'ai combattu Urba Conseil depuis 1980", a-t-il déclaré, en référence à l'affaire de financement occulte du PS qui avait valu la condamnation d'Henri Emmanuelli. Dans cette affaire, "je pourrais semer une panique que vous ne pouvez pas imaginer", a-t-il affirmé, soulignant qu'il a "gardé toutes (ses) archives depuis 30 ans, toutes les interventions qu'on a faites auprès de (lui). "Moi, je peux dire que je suis propre et sans tâche, je n'ai jamais pris un sou au contribuable nulle part", a-t-il ensuite assuré.

Mais "l'avenir de Ségolène Royal comme candidate à la présidence de la république des Français, est pour moi plus important que ma modeste personne", a-t-il ajouté, en rappelant qu'il avait "soutenu Ségolène Royal". C'est pour ça que je ne dirai rien". "Le PS, ils peuvent faire ce qu'ils veulent, ils peuvent régler leurs comptes. (...) Je ne ferai rien contre mon parti", a-t-il finalement déclaré.

Rue de Solferino, on était alors rassurés, et l'idée d'une quelconque sanction à l'égard de Georges Frèche fut aussitôt oubliée. Ouf ! On s'étonne néanmoins qu'Arnaud Montebourg, si prompt à dénoncer les turpitudes financières des responsables politiques, à commencer par le plus élevé d'entre eux, ne se soit pas saisi de ce dossier...

14 décembre 2006

Que je t'aime pas

Pour tous les mélomanes, le départ de Johnny Hallyday pour Gstaad est une excellente nouvelle. Après quelques tentatives avortées pour rejoindre la Belgique, l'icône des lunetiers ira finalement casser de l'oreille helvète. Pour ma part, je me réjouis de n'avoir plus qu'à subir ce crétin des Alpes six mois par an, lui qui pollue la télévision et les radios françaises depuis près de quarante longues années avec une régularité jamais démentie.

Je propose la création d'un mouvement ou d'une pétition appelant au boycott de Monsieur Hallyday. En plus de revêtir une portée symbolique, ce mouvement assainira les ondes françaises en les débarrassant d'abominations comme Allumer le Feu ou Marie, pour ne citer que deux titres dans une discographie assommante.

Pourtant, au-delà de la satisfaction de son départ, se pose la question de l'évasion fiscale. Il me paraît scandaleux que l'on puisse encore passer six mois de l'année en France après un exil motivé par le seul objectif de payer moins d'impôts. Je me demande ce que peuvent bien penser les fans, souvent issus des classes populaires, et qui doivent faire des sacrifices pour s'offrir un ticket de concert vendu à un prix scandaleux, quand ils découvrent que leur idole quitte son pays pour ne pas entamer les millions qui dorment sur son compte.

Cette attitude m'inspire un profond dégoût, mais ne me surprend guère de la part d'un type qui joue les généreux alors qu'il ne l'est pas, et l'imbécile, qu'il est incontestablement, n'en déplaise à ceux qui voient derrière l'ineptie habituelle de ses propos une intelligence du cœur.
Voilà comment un homme, qui doit son succès à la France, qui usa de ses relations avec le gouvernement français pour accélérer l'adoption d'une enfant, remercie son pays en allant cacher son magot en Suisse, comme un vulgaire braqueur.

Mais ce comportement incivique et ingrat n'est possible que parce qu'il existe encore des paradis fiscaux à nos frontières. Entre ces niches et le dumping fiscal pratiqué par certains de nos partenaires européens, la question d'une harmonisation de la fiscalité s'impose plus que jamais. En effet, si nous sommes souvent désarmés face à la concurrence chinoise et indienne, nous saurions en droit d'attendre qu'au sein de l'Europe, l'écart se réduise entre les différentes politiques fiscales menées par tous les Etats membres.

Pour finir, je suggère à Nicolas Sarkozy de surveiller ses fréquentations. Après les propos fielleux tenus par Pascal Sevran, dont la bêtise abyssale n'est plus à démontrer, et les soucis de Doc Gynéco avec le fisc, ses soutiens et amis traversent une passe difficile. Quoiqu'il en soit, j'attends avec impatience d'entendre le candidat UMP s'exprimer sur son ami Johnny.

Et n'oubliez pas de boycotter le rocker de Gstaad, pour les fêtes, offrez plutôt Brel, Ferré ou Reggiani, vous y gagnerez au change.

13 décembre 2006

Non, les révolutions n’ont pas construit la France

N’en déplaise à Désirsdavenir, les dates et les évènements qu’il cite dans son post du 6 décembre dernier ne sont qu’une partie de l’histoire de France.

Passer sous silence la volonté et la ténacité de générations de monarques qui, à partir du baptême de Clovis en 496, ont progressivement rassemblé autour d’eux des tribus d’origines celte, germanique et normande, ne pas insister sur le sursaut national des français autour de la pucelle d’Orléans, ne pas rappeler l’œuvre des grands auteurs dans la diffusion d’une langue qui fut un temps universelle, oublier le formidable apport de la construction napoléonienne, etc…c’est prendre de très grandes libertés avec l’histoire et la réalité. Mais c’est surtout essayer de nous faire croire que seules les « révolutions » ont été porteuses du seul projet acceptable pour notre pays.

Or que fut par exemple la révolution de 1789 dont l’ambition affichée était d’établir un ordre politique et social nouveau, fils des Lumières et de l’utopie du contrat social, pour défendre les opprimés et établir un monde de liberté et d’égalité ?

Le programme était beau, la réalité l’était moins. Car avant le peuple, c’est d’abord la bourgeoisie parlementaire et marchande qui a agi pour accaparer à son seul profit pouvoir et richesse. Ces nouveaux privilégiés se sont fait livrer les ouvriers à leur voracité (Loi Le Chapelier), ils ont fait massacrer les paysans réfractaires et les opposants à leur régime de terreur (tueries des vendéens, noyades de prêtres et d’enfants à Nantes par Carrier, canonnades de Lyon par Fouché, fusillades de Toulon, guillotinages de milliers de suspects dont 90% de gens du peuple…), ils ont envoyé leurs armées « libérer» les populations européennes voisines des horreurs de l’obscurantisme. Ceux d’entre nous qui ont un peu voyagé en Europe et ont discuté du sujet avec nos voisins, savent combien cet épisode de notre histoire les fait sourire (quand ils sont polis) et ne leur laisse pas que des souvenirs de grandeur impérissable.

Quant aux autres « révolutions », de quoi s’est-il agi ? et avec quels résultats ? 1848 et 1871 n’ont débouché sur rien si ce n’est sur des palais nationaux brûlés et des œuvres d’art détruites, et 1936 porte encore la responsabilité première de l’impréparation de nos armées et de leurs défaites ultérieures face au Reich nazi. Enfin, pour ce qui touche à 1944, je cherche encore la révolution à laquelle Désirsdavenir fait allusion car j’ose espérer qu’il ne glorifie pas les tentatives de prise de pouvoir illégale par les FTP communistes ou l’épuration sanglante et aveugle que ces bandes ont organisée dans la France libérée par les forces alliées !

Heureusement, en 1968 on s’est bien amusés pas vrai ?

En vérité, prétendre que la France s’est construite dans ses révolutions est une position idéologique, partisane et dénuée de toute réalité. Au-delà de la défense et de l’illustration de ces épisodes sanglants ou risibles -et pour quelques-uns honteux-, l’objet recherché des affirmations de ce type est d’abord de troubler les esprits faibles, de les faire rêver par l’évocation de tableaux à la Delacroix (La Liberté Guidant le Peuple), et de les faire adhérer à l’idéal de destruction de tout ce qui constitue la chair, la substance réelle et la richesse d’un pays.
Nous avons tous en tête les images du Goulag, des camps de Staline ou de Pol Pot, et nous pensions naïvement que des rêveries de ce type n’avaient plus cours en 2006. Les écrits de Désirdavenir témoignent malheureusement du contraire.

Miroir, mon beau miroir...

Quelle stratégie adopter pour contrer Ségolène Royal ?

C'est la question qui hante désormais les caciques de l'UMP, les consultants en communication et la garde rapprochée de Nicolas Sarkozy. Le revers cinglant et sans appel qu'elle a infligé aux éléphants du PS lors des primaires, malgré ses bourdes, ses approximations et sa compétence jugée comme "légère" sur un grand nombre de sujet, ne peut que faire réfléchir à deux fois les responsables de la Droite.

Faut-il la "pilonner", relever chacun de ses dérapages (comme récemment au Proche-Orient où elle a déclaré au Premier Ministre israëlien Ehoud Olmert que le survol du Liban par l'aviation israëlienne était justifié, alors qu'elle avait déclaré exactement l'inverse un peu plus tôt au Général Alain Pellegrini commandant la Finul), ou au contraire, la laisser s'enferrer elle-même dans ses contradictions ?

Voici donc, à leur intention, un conseil, cité par Catherine Pégard dans le Point de cette semaine :

"Ne l'attaquez pas sur sa compétence, les Français qui s'identifient à elle ne veulent pas se sentir nuls parce que vous la trouvez nulle".

L'auteur de cette recomandation, donnée en son temps à Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, n'est autre que François Hollande.

Alors si c'est le compagnon de Ségolène qui le dit...

12 décembre 2006

Expliquer l'inexplicable

Une petite gourmandise ce matin.

Voici la video postée sur le blog de Loïc Le Meur (le grand dadais proclamé par les médias à courte vue "roi des blogueurs", comme Ségolène Royal "reine des sondages" et Nicolas Sarkozy "candidat naturel de l'UMP"), où Jean-Pierre Raffarin nous explique ce que sont les 3 débats publics et télévisés de l'UMP et à quoi ils servent.

Mais bon, on aurait pu faire plus court...

Qu'est-ce que c'est ? Une opération de communication pure et simple visant pour l'UMP à ne pas paraître être moins démocratique que le Parti Socialiste lors de ses primaires (3 débats - on dit forum à l'UMP - cela ne vous rappelle rien ?)

A quoi ça sert ? A chercher à donner l'impression que l'UMP, loin de sa fausse image de parti de "supporters" est un parti où le débat d'idées fait rage, les oppositions de courants hyper-actives, toutes les sensibilités représentées et en prise directe avec le monde réel (si tant est que la blogosphère soit représentative du monde réel).

Le problème ? Toujours qu'un seul candidat en lice... Alors à l'issue des débats on choisit entre Nicolas et Sarkozy ?


En tout cas, beau numéro d'équilibrisme, M. le Premier Ministre !

11 décembre 2006

Campagne d'affichage / Affichage de Campagne


Ca y est les premières affiches de campagne de Ségolène sont prêtes. Le slogan retenu ? Du français plus qu'approximatif : "Pour que ça change fort !". Le visuel ? La Sainte au milieu de ses fidèles.

Si on avait des doutes, on est rassurés, il y a quand même écrit "Parti Socialiste" en bas...

Ségol'haine ?

Ségolène Royal en déplacement au Moyen Orient croise par hasard Françoise de Panafieu dans le hall d'un hôtel. La scène en images au journal de France 2 :



Quelques remarques :

- Ce n'est pas parce qu'on ne partage pas les mêmes idées que l'on ne peut ni se respecter, ni se saluer (ce blog en est la preuve).

- Quand on s'assoit à la table du Hezbollah ou du Hamas, on peut saluer une compatriote rencontrée à l'étranger fut-elle de l'UMP.

On comprend mieux pourquoi elle ne prend même plus DSK au téléphone...

07 décembre 2006

La vraie question du Pouvoir d'Achat

Tous les candidats sont d'accord, ils lisent les mêmes enquêtes d'opinion, et placent le "Pouvoir d'achat" pour l'un ou la "Vie chère" pour l'autre au centre de leurs engagements de campagne pour 2007.

C'est bien connu, les français n'arrivent plus à joindre les deux bouts, leur pouvoir d'achat réel (pas celui mesuré de manière anachronique par l'Insee) n'a cessé de diminuer ces dix dernières années, il faut donc réagir ! Mais comment ? Les stratégies, forcément divergent, et restent le plus possible dans le flou et le non-chiffré. Doit-on augmenter les salaires (mais hormis le SMIC l'Etat n'a pas grand pouvoir en matière de négociation salariale) ? Doit-on diminuer les impôts (et sur quelques classes sociales) ? Doit-on réduire la TVA ? Rien n'est encore réellement défini. Et surtout pas les méthodes de financement de cette politique.

Mais au-delà de la question des moyens, le véritable enjeu qui est totalement occulté dans le discours ambiant car pas très politiquement correct, c'est l'utilité réelle de cette politique de revalorisation du pouvoir d'achat des français. On connaît le déficit record de la France en matière de balance commerciale. A quoi donc peut réellement servir une distribution massive de pouvoir d'achat aux français si c'est pour acheter des T-Shirts chinois ou de l'électronique coréenne ? A qui profitera donc au final cette redistribution ? Quel impact réel sur la création d'emplois en France et la croissance ? Voilà la vraie question.

06 décembre 2006

Révolutions

"La France est vieux pays", rappelait Dominique de Villepin lors de son fameux discours à l'ONU en 2003. Et oui, la France, dont certaines âmes pessimistes soulignaient déjà le déclin inéluctable dès le 18ème siècle, est un vieux pays, riche d'une histoire faite de guerres mais surtout de révolutions.

En effet, la France s'est construite dans ses révolutions, et je suis surpris que pas une ne figure dans le livre de Georges Valance cité par Hussard car elles, bien plus que les évènements historiques qu'il cite, sont fondatrices de notre pays.

Aux défaites et aux guerres civiles, je préfère retenir les instants grandioses qui virent la France, regardée par le reste du monde, bousculer l'ordre établi par un pouvoir conservateur pour faire progresser la condition de l'homme.

De 1789 à 1968, en passant par 1848, 1871, 1936 ou 1944, c'est dans l'insurrection que la France puise sa force et son génie, c'est dans la révolution qu'elle inspire les autres nations, qu'elle tend à l'universalité.

Les Lumières, avec notamment Rousseau et son Contrat social (bravo benmalik pour ta contribution très intéressante) éclairèrent le reste de l'Europe à travers la Révolution Française, rompant avec des siècles d'injustice et d'obscurantisme, d'exploitation du peuple par une minorité de privilégiés.

Aujourd'hui la France est bien loin des situations dramatiques présentées par Georges Valance, jusqu'à nouvel ordre, nous ne sommes menacés par aucune puissance étrangère et notre monnaie ne risque pas de s'effondrer.
L'appel à un homme providentiel, sauveur du pays, ne rappelle pas que des bons souvenirs, et si nous devons puiser dans le passé des raisons d'espérer, je préfère regarder vers la Convention de 1793, le Front Populaire de 1936 et la Libération de 1944, évènements majeurs pour le progrès social et l'émancipation de l'homme.

Alors, si comme le prétend Hussard, la France est encore "trop riche et bien nourrie" pour prendre conscience de la crise qui la menace, espérons qu'elle s'inspirera plus des révolutions qui firent sa grandeur que des replis réactionnaires qui assombrirent plus d'une fois son Histoire.

04 décembre 2006

Faut-il avoir foi en la France ?


Tous s'accordent à le dire, la France ne va pas fort. Il y a quelques jours encore, François Bayrou lors de l'annonce de sa candidature à l'élection présidentielle listait les maux dont souffre notre pays : "chômage, violence, dette publique, discrimination selon la religion ou l'origine, difficultés à joindre les deux bouts"... La litanie est bien connue et pousse parfois au désespoir ou au renoncement.

Dans le concert des "déclinologues" de tous poils, Georges Valance vient de publier "Le Phénix Français" un livre revigorant qui nous met un peu de baume au coeur. Sa thèse est simple : tel le Phénix, la France ne cesse de renaître de ses cendres. Comme le faisaient déjà remarquer Paul Valery ou Raymond Aron avant lui, il souligne l'extraordinaire capacité de "rebond" dont jouit notre nation qui lui a toujours permis, même dans les pires heures de son histoire, quand tout semblait irrémédiablement perdu, de retrouver en elle les ressources vitales nécessaires à son redressement.

Georges Valance illustre son propos de nombreux exemples historiques, que je vous livre tels quels (l'Express 28/09) :

1340-1360. Jean le Bon est capturé par les Anglais; le traité de la Bretagne réduit d'un tiers le territoire national; l'économie est paralysée, la monnaie perd les neuf dixièmes de sa valeur; la Peste noire entraîne plusieurs millions de morts. Voici que, en 1364, Charles V le Sage succède à Jean le Bon et que la France se redresse.

1562-1593. Huit guerres de Religion; la France glisse vers la partition; catholiques et huguenots s'affrontent de massacre en massacre. Henri de Navarre, devenu roi en1593, pourra déclarer en 1599 devant le parlement de Paris: «J'ai rétabli la France maugré ceux qui l'ont voulu ruiner.»

1648-1653. C'est la Fronde. La guerre civile dévaste des régions entières. La révolte contre le pouvoir royal est animée par la haute noblesse et la bourgeoisie parlementaire. Louis XIV écrira dans ses Mémoires: «Le désordre régnait partout.»

1795-1802. Le Directoire a succédé à la Convention. Il a à faire face à une crise insurrectionnelle, à la faillite de la monnaie et de l'Etat, à la guerre contre la seconde coalition des Etats européens. Le coup d'Etat du 18 Brumaire donne au général Bonaparte la responsabilité de la remise en ordre.

1870-1875. La France du second Empire connaît à Sedan une défaite humiliante. Adolphe Thiers doit exécuter un traité de paix qui ampute le territoire et impose une rançon de 5 milliards de francs-or. Ernest Renan écrira dans La Réforme intellectuelle et morale: «Tout a croulé comme dans une vision d'Apocalypse.» En 1873, le territoire est libéré (hormis l'Alsace et la Lorraine) et la rançon payée.

1940-1945-1958. La défaite de 1940 est «le plus atroce effondrement de notre histoire» (Marc Bloch). La France est occupée. L'économie française est exploitée par le IIIe Reich. Le gouvernement de Vichy collabore. De 1944 à 1945, de Gaulle rétablit l'ordre républicain et s'efforce de remettre en marche l'économie. Mais le réveil des partis politiques conduit le Général au départ. La IVe République engage la reconstruction de la France et crée avec l'Allemagne la Communauté européenne. Mais elle est minée par la faiblesse des institutions, la guerre en Indochine, l'insurrection algérienne. En 1958, la France sombre dans l'impuissance gouvernementale et la faillite financière. De Gaulle revient au pouvoir.


Toutes ces crises présentent des caractères semblables: la faiblesse du pouvoir et de l'Etat, l'effondrement de la monnaie, les dissensions partisanes, la régression économique, la menace et souvent l'occupation d'une puissance étrangère. Alors l'opinion française prend conscience de la nécessité d'un sursaut national. La France connaît à chaque fois, pour reprendre l'expression de Sainte-Beuve, un «immense et vigoureux printemps». Le redressement national est inspiré et conduit par des chefs d'Etat jouissant d'une grande autorité morale et politique, de la gloire militaire, de la sagesse qui apaise les divisions intestines. Ceux-ci trouvent des collaborateurs de grande stature intellectuelle et pleins de détermination: Charles V et Oresme; Henri IV et Sully; Louis XIV et Colbert; Napoléon et Gaudin, pendant quinze ans son ministre des Finances; de Gaulle et Debré et Rueff. L'ardeur et le dévouement se manifestent dans tous les milieux.

Ainsi en nous rappelant à quel point les Français, lorsque les circonstances l'ont exigé, ont pu par le passé surmonter les pires tragédies pour sauvegarder leurs valeurs et redonner à la France sa place dans le Monde, Georges Valance fait bien plus que nous encourager à l'optimisme. Il nous pousse à la résistance et à l'engagement.

Pourtant, il est bien difficile de croire l'heure de la résurrection arrivée. Le peuple français, bercé de discours démagogiques anesthésiants, n'a pas encore pris toute la mesure de l'urgence et de la gravité de la situation, il est encore trop riche et bien nourri. En outre, on n'entrevoit malheureusement aujourd'hui dans le paysage politique français aucun homme d'état (fut-il une femme) capable de rassembler et d'entraîner derrière lui la nation toute entière et de la conduire au sursaut indispensable.

Et nous avons pourtant plus de 30 candidats déclarés à l'élection présidentielle...

03 décembre 2006

Contrat social

Nous disposons tous d’un pouvoir de nuisance : nous pouvons frapper n’importe qui, détruire ce que bon nous semble et de manière générale nuire à autrui et à la collectivité à laquelle nous appartenons.
Si nous ne le faisons pas, c’est parce que nous avons un contrat avec la société dans laquelle nous vivons et qui est représentée par l’Etat. Ce contrat repose sur le renoncement de chaque individu à son pouvoir de nuisance en contre partie de la sécurité (au sens large) que nous garantie la société, et en premier lieu par le travail, déterminant social majeur.
Les évènements qui se sont produits de manière particulièrement spectaculaire dans des quartiers de France il y a un peu plus d’un an, mais qui existent depuis longtemps de manière plus ponctuelle et localisée, sont l’expression de la rupture du contrat social entre un groupe de population qui a le sentiment qu’on ne peut, ou ne veut, pas lui garantir la sécurité par le travail qui fonde l’ identité sociale de chaque individu et donne une place : « l’inclusion » par opposition à l’exclusion. La conséquence de ce sentiment de rupture c’est la réactivation du pouvoir de nuisance qui se réalise là de manière brutale, indiscernée et autodestructrice.
Les tensions ou ruptures du contrat social s’expriment de manière différentes lors des grèves, des mouvements sociaux et pas simplement les « antis cpe » ou les « antis réformes des retraites », mais aussi les policiers (manifestations de 2002), des agriculteurs et de bien d’autres groupes sociaux, catégories sociales (d’où peut-être l’intérêt de conserver ce fameux droit de grève dans la mesure où il crée un espace légal de l’expression de la contestation).
Pour en revenir à la notion de contrat, la question et réflexion ouverte est la suivante :
Si l’on doit transformer le contrat social qui garantit sécurité (le travail, l’éducation, la retraite, la santé…) en échange du renoncement du pouvoir de nuisance, quels en sont donc les nouveaux termes ?
Sans oublié que ce contrat, celui qui s’est construit le siècle passé, à également une valeur symbolique qui fonde le collectif, l’unité, la cohésion sociale (de Monsieur BORLOO). Par exemple, les cotisations que nous payons tous (qui ne sont pas des charges) c’est ce que nous mettons en commun. Aujourd’hui, nous sommes 22 millions à mettre en commun quand certains d’entre nos ne sont plus en âge de travaillé, quand d’autres sont malades, en charges de familles, accidentés du travail…

01 décembre 2006

L'inquiétude gagne à Droite

Un sondage paru il y a quelques jours dans l'Express confirme ce que tous les observateurs ont pu ressentir depuis l'investiture triomphale de Ségolène Royal et que l'annonce cafouillée de candidature de Nicolas Sarkozy avait encore confirmé : le héros prévisible de la Droite décroche dans les intentions de vote des français face à sa rivale socialiste.

En effet, dans ce dernier sondage en date, 42 % des Français jugent que Ségolène Royal ferait le meilleur président de la République contre 36 % en faveur de Nicolas Sarkozy, 22 % des personnes interrogées restant indécises. De quoi alimenter l'inquiétude qui commence à se répandre dans les rangs de la Droite "de gouvernement".

Pour Jean-Louis Borloo, dont les propos ont été rapportés par Challenges le 23 novembre, il est même probable que, compte tenu de l'ampleur du phénomène Royal et des divisions de la Droite, Nicolas Sarkozy ne passe pas le premier tour et que le duel final oppose Ségolène Royal et Jean-Marie Le Pen (merci Jean-Louis de confirmer mon pronostic posté dans ces colonnes le 17 novembre !) Jean-Louis Borloo raconte ainsi à qui veut l'entendre que le leader du Front National risque d'arriver en tête du premier tour, "avec le quart des suffrages exprimés".

Autre grand optimiste (et ardent défenseur de Nicolas Sarkozy, c'est bien connu...) Alain Juppé quant à lui prépare déjà 2012. Il ne croit pas une seule seconde à la capacité de Nicolas Sarkozy de rassembler au second tour mais ne veut pas apparaître comme un "diviseur, un empêcheur de tourner en rond". Le Canard Enchaîné le cite ainsi : "Il ne faut surtout pas donner l'impression que nous voulons la défaite de Sarkozy, mais on doit rester auprès de lui à l'UMP. Après, on verra". Le "après", c'est après la défaite possible de Nicolas Sarkozy où Juppé espère reprendre la main à l'UMP dans les décombres du choc post-électoral. Pour mieux préparer 2012...

Gardez-moi de mes amis...

Ségolène recycle déjà ses propres discours


Versac, blogueur politique "influent" et organisateur de la République des Blogs a analysé de manière très attentive le discours d'investiture prononcé par Ségolène Royal à la Mutualité et qui avait pour tous ceux qui l'ont entendu un goût de déjà vu.

On connaissait la propension de Ségolène à répéter à l'envie des formules toutes faites ("n'ayons pas peur des idées neuves", "on ne devrait pas parler de français de souche comme si d'autres étaient de branche ou de feuillage", "il faut gravir la montagne", "le devoir de victoire", etc. etc.), mais on n'avait pas encore tout vu. En l'occurence, tout entendu.

Ainsi Versac a mis en évidence que plus du tiers du discours d'investiture de Ségo était en fait un simple copier-coller de son discours prononcé le lendemain de son élection aux primaires socialistes. Apparemment, on n'aime pas gâcher dans le camp Royal ! Quand on a une idée, on l'amortit, il n'y a pas de petit profit, c'est aussi cela la présidence "modeste" chère au coeur du futur candidat socialiste.

On se demande déjà comment Ségolène va pouvoir faire durer ses formules chocs pendant encore 8 mois sans trop les user...


Pour lire le détail du post de Versac, c'est ici.

 
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